Analyse de la crise financière dans l’agriculture par Thierry Lemaître, responsable du conseil au CERFRANCE Nord Est Ile-de-France.
Publié le 13 avril 2012 par CER FRANCE
Analyse de la crise financière dans l’agriculture par Thierry Lemaître, responsable du conseil au CERFRANCE Nord Est Ile-de-France.
Publié le 02 avril 2012 par CER FRANCE
L’avancement des négociations à l’OMC par Philippe Boullet, Directeur du développement.
Publié le 09 mars 2012 par CER FRANCE
En une vingtaine d’année, l’agriculture aura vu fondre plus de la moitié de ses effectifs : en passant de plus de 2 millions d’actifs agricoles (exploitants et salariés confondus) en 1998 à moins de 1 million en 2010. L’agriculture voit ainsi disparaître un peu plus de 3% de ses exploitants chaque année : les installations de jeunes agriculteurs ou moins jeunes, ne permettant pas de remplacer les départs en retraite et les arrêts, précoces ou non. Dans le même temps, la France perd en moyenne 66 000 ha de terres agricole chaque année, suite à l’urbanisation et au grignotage des infrastructures, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans.
Ces deux tendances servent souvent à illustrer la morosité du milieu agricole et pourtant. Il suffit de voir l’empressement de tous les candidats à la présidentielle pour battre des records de présence au Salon International de l’Agriculture pour comprendre que les agriculteurs et plus largement le milieu rural demeurent au plus près des attentions politiques, bien loin en tout cas devant la problématique des banlieues, qui il est vrai ne bénéficie pas d’un SIB « Salon International de la Banlieue ».
Le poids de l’agriculture ne se compte plus en nombre d’exploitants
L’influence de l’agriculture ne se chiffre donc plus en termes de poids démographique ce qui est en soit une bonne nouvelle. Si la profession en France a toujours fait du nombre d’agriculteurs un objectif principal, l’attitude est assez différente dans d’autres pays européens. Ainsi il y a une dizaine d’année, lors d’une discussion avec un leader syndical de LTO (l’équivalent de la FNPL pour les producteurs de lait des Pays-Bas), à une question sur la problématique de la démographie agricole, ce représentant professionnel m’avait répondu : « Chez nous, on se moque du nombre d’agriculteurs, ce n’est pas la dessus que se bat la LTO : On préfère moins d’agriculteurs mais qu’ils soient heureux ! ».
Un autre chiffre interpelle le raisonnement économique : Malgré la baisse d’hectares cultivés et malgré la baisse d’actifs agricoles (et par conséquent de chauffeurs potentiels), le nombre de tracteurs vendus connaît une tendance haussière sur les vingt dernières années. Bien entendu cette tendance n’est pas régulière : elle suit peu ou prou la volatilité des résultats avec un léger décalage.
Cette statistique du principal outil de travail en agriculture apparaît comme une réelle « bizarrerie » économique si on admet qu’en 2012, la conversion des bœufs en tracteurs est achevée ! Peut-on imaginer un nombre de taxis en hausse tandis que le nombre de chauffeurs diminuerait et que le nombre de passagers à transporter (ou nombre de kms à parcourir) serait lui aussi à la baisse ? Sauf à imaginer que la fiabilité des taxis se dégradant, chaque chauffeur investit dans 2 taxis, pour les jours où le premier tombe en panne.
Alors comment peut-on tenter d’expliquer cette curiosité agricole ?
- Malgré la montée en puissance des tracteurs (En 2008 , la puissance moyenne des tracteurs standards immatriculés en France s’élève à 122 chevaux DIN gagnant ainsi 15 chevaux en 8 ans) et donc leur capacité à tracter des matériels de plus en plus performants (charrue, remorque, pulvérisateurs ) l’acquisition de matériel revêt pour certains agriculteurs un caractère assurantiel. La météo perçue comme de plus en plus capricieuse pousserait ainsi certains agriculteurs à se suréquiper afin de pouvoir faire l’ensemble de leurs travaux y compris les années où la fenêtre météo est la plus courte, que ce soit pour la moisson, les ensilages, etc..
- Le maintien du modèle d’une agriculture familiale et non d’une « agriculture qualifiée d’industrielle qui reposerait sur de grosses structures détenues par des actionnaires et qui embaucheraient des salariés est probablement une autre raison. Ce modèle « industriel » pousserait inévitablement à une rationalisation des outils de production : les salles de traites tourneraient 23h/24 avec une heure pour la maintenance, les tracteurs feraient davantage d’heures.
- Par ailleurs, ce modèle d’agriculture familiale si chère à la France se traduit par le fait que le chef d’exploitation est aussi le chauffeur du tracteur. Qu’il s’agisse du choix du tracteur et de l’importance de l’image véhiculé par ce dernier, ou des choix des options, nous pourrions parier que si les tracteurs étaient conduits pas des salariés, nous assisterions à une probable descente en gamme.
- Enfin, il n’est pas possible d’évoquer une éventuelle « sur- mécanisation » sans évoquer la fiscalité attractive que constitue la DPI. L’avantage retiré en termes d’optimisation sociale et fiscale d’un investissement rapidement renouvelé constitue pour certains une partie non négligeable de leurs revenus. L’anecdote du chef d’exploitation présentant ses tracteurs à un conseiller pour sa première visite illustre cet état de fait : 3 tracteurs dans la cour : « celui-là c’est le mien dit le chef d’exploitation, à côté celui de ma femme. Et ce tracteur neuf ? questionna le jeune conseiller. Ah, celui-là, c’est celui du comptable répondit l’agriculteur ! Sans ouvrir le débat sur la fiscalité, certains savent extrêmement bien « jouer » de la DPI, même si certains s’y sont laissés prendre dans des périodes de forte variabilité des résultats.
Cette statistique, pour autant curieuse qu’elle puisse apparaître à la rationalité économique n’est pas forcément une aberration. Le renouvellement améliore les conditions de travail des agriculteurs (confort et sécurité), et peut accroître l’attractivité du métier. Il contribue à moderniser l’agriculture française et permet aux agriculteurs d’être constamment à la pointe : la productivité à l’unité de main d’œuvre augmente sans augmenter la durée travaillée. Il permet de « faire vivre » un environnement agricole bien au-delà des seuls marchands de matériels, ce qui indispensable pour un maintien du tissu rural. Il illustre aussi la bonne santé relative de l’agriculture en ces temps de crise économique même si bien entendu la dispersion des situations individuelles des agriculteurs n’a de cesse de s’accroître sur ces dernières années.
Aussi, au-delà de toute idéologie économique, et même si certaines adaptations sont toujours souhaitables il convient peut être d’accepter certains paradoxes : le tracteur serait-il l’avenir de l’agriculture ?
Alain Le Boulanger, Directeur régional économique au CERFRANCE Normandie.
Publié le 09 mars 2012 par CER FRANCE
Colloque crise financière : Quel risque de récession pour les pays de la zone euro ? par Alain Le Boulanger, Directeur régional économique au CERFRANCE Normandie.
Publié le 02 mars 2012 par apilipenko@cerfrance.fr
Publié le 01 mars 2012 par CER FRANCE
Colloque crise financière : la position de l’Allemagne par Jacques Mathé, économiste au CERFRANCE Poitou-Charentes.
Publié le 03 février 2012 par CER FRANCE
Les conséquences fiscales de la disparité des structures économiques d’une même entité par Philippe Boullet, Directeur de l’offre et des compétences au Conseil National CERFRANCE.
Publié le 26 janvier 2012 par CER FRANCE
Y aura-t-il un accord à l’OMC en 2012 ? par Alain Le Boulanger, Directeur régional économique.
Publié le 23 décembre 2011 par CER FRANCE
Adapter la fiscalité en vue d’une constitution de réserve par Philippe Boullet, Directeur du développement au Conseil National CERFRANCE.
Publié le 12 décembre 2011 par Jean-Marie Séronie
Jean-Marie SERONIE, Directeur Général CERFRANCE Manche.
Publié le 29 novembre 2011 par CER FRANCE
Crise alimentaire, crise agricole, crise environnementale, crise financière : c’est à ces crises successives impactant l’agriculture auxquelles la PAC 2014 tente de répondre (volatilité des marchés agricoles, sécurité alimentaire, légitimité des aides). Mais élaboré depuis plus de 18 mois, autant dire un siècle, le projet présenté en octobre dernier n’a pas pu intégrer la plus graves d’entre elles : la crise de l’Euro dont personne ne sait aujourd’hui jusqu’où elle conduira ou ne conduira pas l’Europe.
Du changement et peu de surprises
A la différence des précédentes réformes (Quotas laitiers en 1984, réforme de 1992 ou découplage des aides en 2003) qui entretenaient un certain suspens la présentation des propositions législatives de la PAC 2014 par Dacian CIOLOS fait exception.
Plusieurs raisons à cela :, le Parlement Européen devenu co-décisionnaire sur la PAC depuis l’application du traité de Lisbonne avait pris l’initiative sur l’orientation des débats. De son côté, la commission avait préparé terrain en novembre 2010 en bâtissant son projet autour de trois scénarios dont deux jugés inefficaces par elle-même. Enfin et surtout, les propositions de la Commission sur le cadre financier 2014-2020 annoncées fin juin 2011 ont eu la primauté sur les propositions de la PAC 2014.
Le budget de la PAC est ainsi gelé sur la période 2014-2020, ce qui inflation oblige se traduira bien par une baisse en terme réel des moyens alloués à l’agriculture.
Quel sens donner à cette réforme de la PAC 2014 ?
En synthèse les propositions de la PAC 2014 se traduisent par un nouvel élan pour l’environnement via le verdissement obligatoire des aides à hauteur de 30% du paiement de base. Applicable pour l’ensemble des aides du 1er pilier, la commission a préféré un territoire européen vert pâle plutôt que quelques zones clairsemées en vert foncé ;
L’autre sujet majeur consistait à entamer le processus de convergence des aides directes entre les Etats-Membres. Redoutée par les Etats-Membres historiques (UE à 15) cette convergence des aides apparaît au final relativement timide sur cet exercice budgétaire 2014-2020.
En revanche, la convergence au sein des Etats-Membre est rendue obligatoire d’ici 2020. Cette transition sera particulièrement sensible en France qui est restée accrochée à ses références « pré »historiques, si ce n’est le premier pas impulsé par Michel BARNIER lors du bilan de santé.
Cette convergence nationale (ou régionale) ne manquera pas de voir s’affronter d’une part les filières agricoles et d’autre part les territoires, tant les écarts peuvent être importants. Si les céréaliers ont encore un bout de chemin à parcourir pour s’approcher de la moyenne nationale, certains systèmes pourraient être davantage affectés soit de part leur haut niveau de DPU (le système « lait intensif +taurillons » peut atteindre 550 €/ha) soit par la contrainte du verdissement lié à la diversité des cultures (Système maïs irrigué).
D’autres mesures dont certaines facultatives sont venues enrichir le dispositif : une bonification de 25% des aides pour les jeunes agriculteurs, la possibilité de dégager 5% des soutiens pour les zones à handicaps naturels, de même que 5% pour le soutien couplé de filières agricoles sensibles.
La conjugaison des crises au pluriel a aussi entamé l’orthodoxie libérale de la Commission. Qu’il s’agisse du maintien des outils d’intervention, de la possibilité de coupler jusqu’à 5% des aides directes, d’adoucissement des règles du droit de la concurrence (organisation des producteurs, interprofession), la PAC 2014, sans revenir en arrière, marque un arrêt dans le « démantèlement » des outils de protection.
Contrairement aux réformes passées (depuis 92 jusqu’en 2003), il n’est pas question de baisse de droits de douanes, de baisse de prix d’intervention, de réduction des capacités de stockage, de poursuite du découplage des aides etc. Ce revirement est aussi le fruit de l’absence d’avancées dans les négociations à l’OMC ; Le cycle de DOHA est dans un coma profond et il est fort probable qu’une future réforme de la PAC sera à négocier d’ici la mise en œuvre d’un nouvel accord à Genève.
Et si on ne pouvait plus financer la PAC à ce niveau ?
Cette proposition de PAC 2014 va désormais être traditionnellement débattue, amendée, et critiquée de toute part Mais au-delà de ces négociations, certains pointent déjà son caractère périmé. Ainsi Stéphane LE FOLL , député européen et probablement l’un des plus fins connaisseurs du dossier PAC en France, appelait dès la mi-novembre à un moratoire sur la PAC 2014, tant le peu de visibilité actuelle sur l’avenir européen rendait toute projection budgétaire de la PAC à horizon 2020 très illusoire.
Alain LE BOULANGER – CERFRANCE Normandie.
Publié le 13 octobre 2011 par CER FRANCE
L’ agriculture: un sujet politique mondial par Philippe Boullet, Directeur de l’Offre et des Compétences au Conseil National CERFRANCE
Publié le 22 juin 2011 par CER FRANCE
Le verdissement de la PAC par Christine PELLOUX, Responsable Service Etudes au CERFRANCE Haute-Savoie.
Publié le 16 juin 2011 par CER FRANCE
Le couple franco-allemand et la réforme de la PAC par Jean-Marie Séronie, Responsable Veille Economique Réseau CERFRANCE et Directeur du CERFRANCE Manche.
Publié le 09 juin 2011 par CER FRANCE
Quelle est la position de la Pologne dans la réforme de la PAC? Par Marc VARCHAVSKY, Responsable du développement de l’offre de services au Conseil National CERFRANCE.
Publié le 01 juin 2011 par CER FRANCE
Analyse de la réforme de la PAC : Conséquences sur les exploitations françaises, par Jacques MATHE, Economiste CERFRANCE Poitou-Charentes.
Publié le 31 mars 2011 par Jean-Marie Séronie
La financiarisation de l’agriculture: comment ça marche? Par Jean-Marie SERONIE, Responsable de la Veille Economique Réseau CERFRANCE et Directeur du CERFRANCE Manche
Publié le 24 mars 2011 par Jean-Marie Séronie
La financiarisation, un phénomène nouveau pour l’agriculture? par Jean-Marie Séronie, Directeur du CERFRANCE Manche et Responsable de la Veille Economique Réseau CERFRANCE.
Publié le 09 mars 2011 par CER FRANCE
Le rôle des aides directes par Philippe BOULLET, Directeur du Développement au Conseil National CERFRANCE
Publié le 16 février 2011 par CER FRANCE
Analyse d’une situation paradoxale de l’agriculture française par Jean-Marie Séronie, Directeur Général CERFRANCE Manche