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EIRL : est-ce la bonne solution pour moi ?

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L'entrepreneur individuel à responsabilité limitée.

Depuis le 1er janvier 2011, tout entrepreneur individuel, quelle que soit l'activité exercée, peut choisir ce nouveau statut. Il s'articule autour de deux principes majeurs :

  • Limiter la responsabilité du chef d'entreprise au patrimoine de l'entreprise,
  • Donner la possibilité d'opter pour le régime de l'impôt sur les sociétés, tout en restant en entreprise individuelle.

Découvrez l'EIRL en 5 minutes avec nos experts

Une responsabilité limitée…

Désormais, l'entrepreneur individuel a le choix entre deux outils pour protéger son patrimoine.

D'un côté, la déclaration d'insaisissabilité, qui protège le patrimoine immobilier (immeubles, terrains).

De l'autre, l'EIRL et sa déclaration d'affectation du patrimoine professionnel.
De quoi s'agit-il ?

L'entrepreneur déclare les biens professionnels nécessaires à son activité : ce sont entre autres, les matériels, machines, droits au bail... ou encore les bâtiments utilisés à des fins professionnelles.

Sa responsabilité de dirigeant ne sera engagée que sur la base de ces seuls biens affectés au patrimoine de l'entreprise.

L'évaluation de ces biens doit être réalisée par un expert (expert-comptable ou commissaire aux comptes) pour les biens mobiliers dont la valeur unitaire dépasse 30 000 Euros, et par un notaire pour les immeubles.

Chaque année, le dirigeant de l'EIRL doit déposer ses comptes. Ce dépôt sera l'occasion d'actualiser le patrimoine affecté, aussi bien en consistance qu'en valeur.

Remarquez bien que l'EIRL instaure un véritable changement de philosophie : l'entrepreneur devra déclarer, et donc désigner, ce qui est saisissable, et non plus ce qui est protégé.

…mais pas une assurance tous risques

Pour faire valoir leurs droits, les créanciers professionnels ont pour unique garantie le patrimoine affecté de l’entreprise. Ils ne peuvent pas saisir le patrimoine personnel du chef d’entreprise pour se rembourser.

Nouveauté : la protection concerne aussi les créanciers dont les droits sont nés avant l’enregistrement de la déclaration. Mais à deux conditions. La déclaration doit clairement stipuler qu’elle est opposable aux créances nées antérieurement à son enregistrement ; et les créanciers doivent être informés du passage en EIRL, ce qui leur permet de s’opposer, devant les tribunaux, à la déclaration. On le voit ici, l’écran de l’EIRL n’est pas total.

L’EIRL ne protège pas non plus des créanciers non professionnels : ils pourront se garantir sur le patrimoine non affecté, auquel s’ajoute le bénéfice du dernier exercice comptable si le patrimoine personnel est insuffisant pour couvrir les dettes.

Le législateur a prévu des garde-fous pour encadrer l’évaluation des biens. Ainsi, le chef d’entreprise qui retiendra une valeur de patrimoine supérieure à la valeur réelle du bien ou à l’évaluation de l’expert, sera personnellement responsable pendant 5 ans de ses dettes professionnelles sur la différence entre les deux valeurs. Par exemple, un chef d’entreprise estime son patrimoine affecté à 100 000 €, alors que sa valeur réelle est de 60 000 €. Il sera responsable sur ses biens personnels à hauteur de 40 000 €.

La protection totale peut également être levée en cas de fraude ou d’inobservation répétée des obligations fiscales, sociales ou encore comptables.

Et enfin, comme cela se passe déjà pour la déclaration d’insaisissabilité, la définition d’un patrimoine affecté peut freiner le financement des investissements. Comment convaincre son banquier de prêter une somme importante sans lui permettre de garantir son risque ?

L’impôt sur les sociétés… sans société

Autre nouveauté : l’EIRL offre  la possibilité de choisir son régime fiscal. Elle peut soit rester à l’impôt sur le revenu (IR), soit être soumise à l’impôt sur les sociétés (IS)… sans avoir besoin de transformer l’entreprise individuelle en société. Une simple option formulée auprès du Centre des impôts suffit pour changer de régime fiscal. Mais attention, cette option est irrévocable. Mesurez-bien toutes les conséquences de ce changement.

Car le mécanisme de l’impôt sur les sociétés est à double détente.

Premier niveau d’imposition : l’EIRL paye l’impôt sur les bénéfices qu’elle réalise : le taux est de 15 % tant que le résultat est inférieur à 38 120 €, de 33,33 % au-delà.

Une différence à noter par rapport à l’entreprise individuelle « classique » : la rémunération du dirigeant de l’EIRL est déductible du résultat, et donc de la base de calcul de l’impôt sur les sociétés.

Second niveau : le dirigeant paye l’impôt sur le revenu sur la rémunération qu’il perçoit, ainsi que sur la part de bénéfice qu’il s’octroie. Il bénéficie bien sûr des abattements en vigueur : abattement de 10 % sur la rémunération ; abattement de 40 % sur les dividendes, auquel s’ajoute l’abattement de 3 050 € pour un dirigeant marié ou 1 525 € pour un célibataire.

Sachez aussi que les dividendes reçus seront soumis aux prélèvements sociaux de 13,5 %.

Un calcul des cotisations sociales inédit

Choisir l’impôt sur les sociétés, c’est aussi modifier la base de calcul des cotisations sociales.

En effet, les cotisations sociales ne seront calculées que sur les revenus effectivement prélevés par le chef d’entreprise, qui reste bien travailleur non salarié. Alors que dans le régime « classique » de l’entreprise individuelle, les charges sociales sont calculées sur le bénéfice, que celui-ci soit prélevé ou non par le chef d’entreprise.

Concrètement, pour une entreprise à l’IS, la base de calcul des cotisations sociales sera composée :

  • du prélèvement de l’exploitant, c'est-à-dire de sa rémunération,
  • des revenus de capitaux mobiliers supérieurs à 10 % de la valeur du patrimoine affecté ou supérieurs à 10 % du bénéfice si celui-ci dépasse le patrimoine affecté.

Opter pour l’impôt sur les sociétés offre donc l’avantage de ne soumettre à l’impôt et aux charges sociales que les seules rémunérations effectivement perçues. Ce schéma peut favoriser la capacité d’autofinancement de l’entreprise. Toutefois, le choix doit également prendre en compte le caractère irrévocable de l’option, les conséquences en termes de traitement des plus-values ou encore sur le niveau de couverture sociale du chef d’entreprise.

Focus

L’EIRL existe depuis le 1er janvier 2011. Son premier objectif est de protéger le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel en cas de difficultés. Il fallait donc que le traitement des entreprises en difficulté s’adapte à ce nouveau statut. 

Des patrimoines séparés, même dans la difficulté

La dichotomie des patrimoines dans le traitement des entreprises en difficulté et des situations de surendettement est reconnue. Une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire qui vise le patrimoine affecté ne doit pas atteindre les autres patrimoines de l’EIRL. Et réciproquement : une procédure applicable au titre d’une activité exercée sans affectation de patrimoine ne doit pas avoir d’incidence sur le ou les patrimoines affectés.

 Quelques précisions sont néanmoins utiles dans ces situations particulières :

  • Pendant la durée du plan de sauvegarde ou de redressement, il est interdit de créer un nouveau patrimoine affecté issu de l’ancien ;
  • L’interdiction d’émettre des chèques, jusque là attachée à la personne de l’émetteur, sera mise en œuvre patrimoine par patrimoine ;
  • Une procédure judiciaire peut être engagée par patrimoine, sauf en cas de fraude ou manquement grave ;
  • La procédure devient nulle en cas d’appauvrissement du patrimoine affecté ou de création d’un patrimoine affecté pendant la période suspecte ;
  • En cas de procédure collective pour l’EIRL, l’activité professionnelle non concernée par l’EIRL peut se poursuivre.

L’impôt sur les sociétés, oui, mais…

Impôt sur le revenu ou sur les sociétés ? L’EIRL a le choix. Avant de décider, différents paramètres sont à prendre en compte. En premier lieu, l’impact sur l’imposition des revenus… mais pas seulement. La capacité d’autofinancement de l’entreprise, le revenu disponible du chef d’entreprise ou encore son niveau de couverture sociale seront des paramètres à prendre en compte.

Quelle base de calcul de l'impôt et des charges sociales ?

 IR ou IS : mémo du calcul des revenus et des charges sociales

 

Entreprise relevant
de l’impôt sur
le revenu
(EI, EURL, EIRL)

EURL relevant
de l’impôt
sur les sociétés
(sur option)

EIRL relevant
de l’impôt
sur les sociétés
(sur option)

L’imposition
des
revenus

L’entreprise ne paye pas d’impôt sur les bénéfices qu’elle réalise.

L’imposition est établie au niveau du chef d’entreprise.

Base de calcul de l’impôt : le bénéfice réalisé, qu’il soit prélevé ou non.

L’imposition est à double détente

L’entreprise paye l’impôt sur les sociétés sur les bénéfices qu’elle réalise.

Le chef d’entreprise paye l’impôt sur le revenu sur sa rémunération et sur les bénéfices perçus.

Le calcul
des
charges sociales

Les cotisations sociales sont calculées sur le bénéfice réalisé, qu’il soit prélevé ou non

Les cotisations sociales sont calculées sur la rémunération perçue

Les cotisations sociales sont calculées sur la rémunération perçue + une partie des bénéfices distribués


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