Conditions générales de vente : indispensables

Publié le 22 septembre 2010 par Jacques Labit, juriste, CERFRANCE Saône et Loire

Les conditions générales de vente (CGV) constituent le socle de la relation commerciale. 

En effet, tout vendeur professionnel de produits ou de services est dans l’obligation légale de les remettre aux acheteurs qui en feraient la demande. Cet écrit revêt bien souvent la forme d’une interminable énumération en caractères tellement minuscules que le texte devient quasiment illisible ! Et si, en devenant clair et explicite, ce document servait la communication de votre entreprise ?

Pot de terre contre pot de fer

«Tout producteur, prestataire de services, grossiste ou importateur est tenu de communiquer ses conditions générales de vente à tout acheteur de produits ou tout demandeur de prestations de services qui en fait la demande pour une activité professionnelle…». Le Code du commerce1 oblige le producteur ou vendeur à préciser «les conditions de vente, le barème des prix unitaires, les réductions de prix et les conditions de règlements.» Celui de la consommation2 donne des règles sensiblement identiques. Il prévoit que «tout professionnel vendeur de biens ou prestataires de services doit, avant la conclusion du contrat, mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielle du bien ou du service. En cas de litige, il appartient au vendeur de prouver qu’il a exécuté cette obligation. » L’objectif du législateur est clair : protéger le consommateur. En effet, lorsque le vendeur «pot de fer» rencontre l’acheteur « pot de terre», ce dernier n’est pas en position de force. Le législateur a souhaité construire une relation équilibrée dans l’intérêt des deux parties. En cas de contestation ultérieure, le vendeur a lui aussi tout intérêt à définir clairement les éléments essentiels qui conditionnent la vente.

Un support d’information

Les CGV figurent sur les documents précontractuels (documents publicitaires, affiches apposées sur les lieux de vente…) et contractuels (bons de commande, contrats…).

Le texte permet de définir des CGV différentes par type de clientèle, grossiste ou détaillant, par exemple. En précisant la catégorie d’acheteurs concernés, vous facilitez la relation avec des acheteurs potentiels.

De même, les CGV vont indiquer le moment où l’acheteur devient propriétaire du bien. Les conditions générales de vente peuvent prévoir des clauses de réserve de propriété. À défaut de clause, la vente est considérée comme effective lorsque l’acheteur et le vendeur ont convenu du bien vendu et du prix de vente. Peu importe que le bien vendu ait été livré ou pas, et que le prix ait été réglé ou pas.

Les prix s’entendent généralement toutes taxes comprises. Si ce n’est pas le cas, il convient de le préciser. Il faut également indiquer si le prix comprend ou pas les différents frais de traitement de la commande, de port ou d’emballage.

Un cadre rassurant

Un cadre précis offre des assurances sur votre sérieux. Ainsi, la procédure de traitement de la commande peut être stipulée. Vous pouvez, par exemple, prévoir d’envoyer un e-mail de confirmation de la commande et d’information des délais d’envoi des articles.

Si vous acceptez les règlements par chèque bancaire, indiquez que la commande ne sera traitée qu’au jour de la réception du règlement. Si les articles commandés ne sont plus disponibles, il est possible d’indiquer, dans un délai prédéfini, la procédure adoptée. Vous pouvez aussi vous ménager la possibilité de proposer, en remplacement, un article d’une qualité et d’un prix équivalent, et, en cas de refus du client, la prise en charge des frais de retour.

1. Article L441-6 du Code de commerce 2. Article L111-1 du Code de la consommation



4 commentaire(s) pour ce billet

  1. Commentaire de Cécile Bertran :

    Bonjour,

    je réalise des formations, des audit, des analyses, dans le domaine de l’informatique pour le secteur de l’hôtellerie restauration, traiteurs et spas, plus largement pour les TPE et PE.
    Je suis en autoentreprise, et je travaille depuis un an et demi dans la « confiance ». Récemment je viens de faire 2 propositions avec 0 conditions générales de vente, et cela ne me rassure pas.
    Aussi, je voudrais savoir comment je pourrais constituer ces fameuses CGV.
    Dans l’attente,
    je vous remercie.
    Cordiales salutations.
    Cécile Bertran

  2. Commentaire de Jacques Labit :

    Aujourd’hui, vous agissez en toute confiance. On revient généralement vers les règles juridiques en cas de mésentente ou d’incompréhension. A ce moment là, vous pouvez vous retrouver prise en défaut suite au non respect de vos obligations qui consistent à communiquer à vos clients les conditions générales de vente.
    Les conditions générales de vente doivent être adaptées à l’activité exercée au sein de votre entreprise. Il conviendrait donc de prendre contact avec un juriste du CER FRANCE le plus proche de chez vous afin qu’il rédige un contrat adapté aux services que vous fournissez à vos clients. Comme je l’ai indiqué dans mon post, les conditions générales de vente permettent aussi de rassurer votre client sur vos méthodes de travail, la définition de votre programme d’intervention (formation, audit), le déroulement de la prestation, sa validation et les modalités de paiement.

  3. Commentaire de Le Gal :

    Bonjour,
    Je démarre une activité d’alimentation générale de productions locales en auto-entrepreneur. L’activité est non sédentaire dans un premier temps.
    Suis-je dans l’obligation d’avoir des conditions générales de vente ? Si oui, que doivent-elles faire apparaître ?
    Je vous remercie.

  4. Commentaire de Jacques Labit :

    Le statut de l’auto-entrepreneur n’exonère pas des obligations légales. Les règles concernant les conditions générales de vente prévoient que «Tout producteur, prestataire de services, grossiste ou importateur est tenu de communiquer ses conditions générales de vente à tout acheteur de produits ou tout demandeur de prestations de services qui en fait la demande pour une activité professionnelle…». Peu importe la forme juridique d’exercice de l’activité. Le Code du commerce oblige le producteur ou vendeur à préciser «les conditions de vente, le barème des prix unitaires, les réductions de prix et les conditions de règlements.». Se reporter à l’article pour les points à faire apparaître.

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