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Aller à la rencontre des clients : vendre sur les marchés

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Aller à la rencontre des clients : vendre sur les marchés

Publié le 15 mai 2012 par CERFRANCE

Après quelques années de déclin, la vente sur les marchés semble retrouver un certain regain. De plus en plus de communes réhabilitent ce mode de commercialisation, et certains agriculteurs sont intéressés par ce style de vente directe. Quelles sont les clésde la réussite pour bien vendre sur les marchés ?
Avant de se lancer
La concurrence reste rude, les cadences des journées sont éprouvantes. Le marchand ambulant doit choisir son ou ses marchés en fonction des critères suivants :
• les ressources de la clientèle du quartier ou de la clientèle occasionnelle : chaque marché a sa clientèle avec ses variations saisonnières sur les sites touristiques,
• les infrastructures (branchements électriques, eau, sanitaires, parkings et commerces à proximité),
• l’organisation du marché lui-même, les horaires, les concurrents potentiels,
• les places disponibles, réservées.
Puis évaluer l’intérêt économique de ce choix. Quel sera le temps à passer pour chaque marché ? Prenons l’exemple d’un marché de trois à quatre heures de vente de légumes. Il faut compter une heure ou deux de préparation, le temps de déplacement, une heure et demie de déballage et d’installation, le même temps pour le remballage et le retour.
Soit un total de plus de huit heures à deux personnes. Autre question à se poser : quel chiffre d’affaires espérer ? Le chiffre d’affaires de chaque marché est variable selon le produit vendu et différents paramètres comme le temps, la météo qui incite les chalands à venir ou non au marché, la présence ou non de certains “concurrents”.
Dans notre exemple de vente de légumes, le chiffre d’affaires peut ainsi varier de 300 € à 1 200 € par marché sachant que la marge moyenne est de 35 à 40 %. Cette marge sert à couvrir les frais spécifiques : frais de place, énergie, main-d’oeuvre, matériel… Autant dire que certains marchés sont à perte, mais il faut être présent.

Après le démarrage de l’activité, quelles sont les clés de la réussite ?

• La régularité est un facteur clé important : avec le temps, les acheteurs prennent leurs habitudes et reviennent régulièrement. Si la présence est inconstante, le chiffre

d’affaires s’en ressentira rapidement. Même si certains jours, selon les conditions météo, les perspectives de ventes paraissent faibles, il faut tenir sa place.

• L’emplacement. Sur les marchés importants, le rôle du placier est incontournable. La régularité permet peu à peu de pouvoir bénéficier d’un emplacement plus favorable et stable, donc générateur de chiffre.

• La qualité est un autre facteur clé,notamment en commerce alimentaire, ou pour des produits périssables comme l’horticulture.

• Le prix : depuis deux ans, les producteurs vendeurs constatent que les clients font de plus en plus attention au prix, et la crise actuelle va encore renforcer cela. Pensez aussi à regarder les prix moyens pratiqués sur le marché pour ajuster les vôtres.

• La flexibilité. La tendance est aux petites quantités, les ventes en lot perdent du terrain : il faut savoir répondre à cette demande, accepter de vendre à l’unité.

• Le bilan régulier : après une présence de plusieurs mois, il faut prendre le temps de faire un bilan, pour décider de poursuivre ou non sur ce marché, développer sur

plusieurs marchés ou arrêter. Le bilan comporte plusieurs facettes.

Commerciale : mes produits sont-ils adaptés ? Faut-il élargir ma palette ?

Économique : quelle rentabilité ai-je obtenu ?

Humaine : mon temps de présence conforte-t-il mon exploitation ou est-il préjudiciable au reste de mes activités ?

La vente sur les marchés est un pari pour le développement de son exploitation, il est donc nécessaire de bien en mesurer avant et pendant les enjeux et les conséquences pour prendre les bonnes décisions. Mais ce qui est certain, c’est l’enrichissement humain retiré de ce mode de commercialisation.

La réglementation

Il faut se renseigner sur les formalités à accomplir :

• Pour les producteurs, l’attestation de l’inscription à la MSA.

• Un extrait K Bis de moins de trois mois.

• Une attestation d’assurance responsabilité civile.

• Pour les métiers de bouche, deux cas de figure :

- le producteur vend uniquement sa production : l’attestation MSA suffit.

- le producteur vend sa production et accessoirement des produits alimentaires qu’il ne produit pas : il lui faut l’attestation de la direction départementale de la protection des populations avec numéro.

• La dernière fiche de paie ainsi que le récépissé s’il emploie des salariés sur le lieu de vente.

• Le récépissé de la déclaration unique d’embauche.

Attention : les pièces à fournir peuvent varier selon les communes ou les régions !

Et bien sûr, respectez les règles sociales et fiscales, comme le fait de tenir un livre de caisse notamment.

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La Pac modifie encore la donne

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La Pac modifie encore la donne

Publié le 02 décembre 2011 par Jacques Mathé, économiste, CERFRANCE Poitou-Charentes

La Pac… Un terme incontournable chez tous les agriculteurs, un objet d’inquiétude parfois, de débat souvent. La Politique Agricole Commune fixe le cadre institutionnel du fonctionnement des exploitations européennes. Toute modifi cation ou évolution de ce cadre interroge donc les chefs d’exploitation et peut reposer les choix stratégiques et parfois les équilibres économiques.
Ce dossier apporte des analyses (à partir des informations actuelles) sur la politique agricole qui sera mise en place à partir de 2013. Cette politique aura des impacts sur les conditions d’exploitation (environnement et marché), sur le cadre juridique et fi scal. Elle va surtout modifier les choix de gestion qui seront opérés dans les deux années qui viennent.

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Amortissement : croiser les regards

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Amortissement : croiser les regards

Publié le 02 décembre 2011 par Daniel Causse, expert-comptable, CERFRANCE Haute-Loire

Bien raisonner vos amortissements suppose de croiser votre vision avec celle de votre comptable et celle du banquier. Explications.
La décision d’investir ne doit pas dépendre des dotations aux amortissements constatées. Elle répond d’abord à une logique économique s’appuyant sur l’analyse d’une opportunité et sur la capacité à honorer la dépense par l’intermédiaire de l’emprunt.

Un outil de gestion
La dotation annuelle n’est que la conséquence d’un choix d’investissement passé plus ou moins judicieux. Elle constitue une charge issue d’une dépense passée sur laquelle le dirigeant n’a plus de prise.
Par contre, la dotation aux amortissements ne correspond pas à une dépense de l’exercice. Il peut être intéressant de tenir compte de son montant pour faire des réserves qui seront utiles lors du renouvellement des équipements.
Ainsi, quelques indicateurs permettent d’éclairer les exploitants individuels. Le résultat de l’exercice plus la dotation aux amortissements donnent la capacité d’autofinancement. En soustrayant le remboursement du capital des emprunts, on obtient la capacité nette d’autofinancement.
Ces indicateurs permettent d’évaluer les possibilités d’investir, soit en autofinançant, soit en réalisant de nouveaux emprunts. Pour, les entrepreneurs individuels, ils servent aussi à déterminer le montant des prélèvements privés, et à constituer des réserves en prévision d’aléas climatiques,
économiques, familiaux.

L’analyse comptable
La vision comptable permettra ensuite de bien choisir le dispositif d’amortissement le plus adapté. En effet, en comptabilité, l’amortissement va être réparti selon un plan d’amortissement, souvent en mode linéaire, c’est-à-dire un amortissement constant sur la durée de vie prévue. Pour diverses raisons, notamment fiscales, il est possible de déroger à la règle du plan d’amortissement, en plus dans un premier temps, puis en moins ensuite. C’est l’amortissement dérogatoire. Celui-ci intervient comme une provision ayant pour effet de lisser, en constatant la provision la bonne année, et en la réintégrant les exercices où le résultat est moins bon (sous réserve d’avoir comptabilisé au moins un amortissement minimum égal au cumul des amortissements linéaires sur les années amorties. . Ne pas comptabiliser d’annuités d’amortissement revient à perdre le droit à déduction au titre de l’exercice comptable.
Ainsi, dans le compte de résultat, les dotations aux amortissements issues du plan d’amortissement seront comptabilisées en charges d’exploitation.
Les dotations aux amortissements dérogatoires seront traitées en charges exceptionnelles ou en produits exceptionnels.

L’interprétation financière
Le 3ème point de vue à considérer est celui du financier, qui s’intéresse quant à lui au bilan. Ce dernier doit rendre une image fidèle de la situation
patrimoniale de l’entreprise. Ainsi, les amortissements “normaux” seront déduits de la valeur d’origine des biens pour faire apparaître la valeur nette comptable.
Cette dernière est-elle pour autant représentative de la valeur réelle du bien ? À l’évidence, non. Comment une valeur calculée a priori dans le cadre d’un plan d’amortissement pourrait-elle correspondre à la valeur de marché d’un bien d’occasion déterminée a posteriori ?
Néanmoins, la valeur nette comptable, comparée à la valeur d’origine des investissements, permet de se faire une idée générale sur l’ancienneté du parc immobilisé de l’entreprise.
Dans le bilan, les dotations aux amortissements, déduites du résultat inscrit au passif, tiennent leur contrepartie dans la baisse de valeur des immobilisations inscrites à l’actif. Ce sont des opérations dites “de passif à actif“.
Les amortissements dérogatoires, quant à eux, ne nuisent en rien à l’image du bilan. En effet, l’actif du bilan n’est pas modifié par l’amortissement dérogatoire. Ce sont des opérations dites “de passif à passif”. Les dotations exceptionnelles sont déduites du résultat et influent sur la diminution du passif. La contrepartie est une provision pour amortissements dérogatoires inscrite en augmentation de passif pour arriver à un total de 0. Pour le financier, les postes d’amortissements sont très facilement décryptés dans le bilan, quelle que soit la politique adoptée par le chef d’entreprise.

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La transmission dans la ligne de mire

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La transmission dans la ligne de mire

Publié le 16 octobre 2011 par Jacques Labit, juriste, CERFRANCE Saône et Loire

Outil de gestion patrimoniale, la holding peut faciliter la transmission, en particulier lorsque le repreneur ne dispose pas de capitaux suffisants pour mener à bien son projet de reprise.

En agriculture, le capital d’exploitation n’a cessé de croître au
cours des 20 dernières années. Or, au moment de partir en retraite, les
agriculteurs ont, dans leur très grande majorité, un patrimoine essentiellement composé de biens nécessaires à l’activité professionnelle (terres, bâtiments, matériel…). D’où les difficultés de transmission rencontrées lorsqu’ils ont plusieurs enfants et qu’un seul d’entre eux souhaite devenir agriculteur. Si aucun d’entre eux ne souhaite reprendre, la transmission s’avère tout aussi délicate, car l’exploitant devra trouver un repreneur hors cadre familial, capable de mobiliser les capitaux nécessaires à la reprise.

Diversifier le patrimoine
Lorsque la quasi-totalité du patrimoine est investi dans l’agriculture,
les marges d’action au moment de la transmission sont réduites. L’héritier exploitant a le choix entre l’endettement pour racheter les parts des frères et soeurs, ou le partage en leur laissant les biens non agricoles et des terres qu’il pourra louer ensuite.
La société holding, propriétaire de parts sociales de la société d’exploitation, peut constituer une solution alternative. Elle permet, pendant la période d’activité, de transférer une partie du revenu
de l’exploitation à une société dont la vocation n’est pas
agricole. Ainsi, l’exploitant se constitue, au fil du temps, un patrimoine
non agricole. Les sommes dont la holding va disposer doivent bien sûr
faire l’objet de placements adaptés.
L’exploitant devient, à son niveau, un gestionnaire de patrimoine. Lorsque ses objectifs sont multiples (épargne de sécurité, préparation de transmission…), il est préférable de diversifier le patrimoine entre investissements immobiliers agricoles, investissements immobiliers non agricoles et placements financiers.
Les parts de la société holding pourront constituer à terme la quote-part revenant aux enfants non exploitants.
Les parts de la société d’exploitation, détenues par la société holding, seront progressivement cédées à l’héritier exploitant. Ainsi, les enfants
non exploitants recevront les parts de la société holding qui a préalablement coupé les liens avec la société d’exploitation.

Notre conseil :
Constituer une holding de transmission pour diversifier son patrimoine est d’autant plus intéressant que sa mise en place intervient tôt au cours de la carrière professionnelle de l’exploitant. En pratique, dès que l’exploitation est en mesure de constituer des réserves. Une holding dont l’unique but est de mobiliser les capitaux nécessaires à la reprise
d’une exploitation, peut, quant à elle, être constituée à tout moment.

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Une poire pour la soif…

Une poire pour la soif…

Publié le 14 octobre 2011 par CERFRANCE

L’avis de Jean-Marc Pousin, conseiller en patrimoine.
Les sociétés d’exploitation détenues par une holding doivent attribuer une partie du résultat à leur “mère”. En 2008, lorsque le prix des céréales était tombé à un niveau très bas, nous avons constaté que les sociétés d’exploitation ont pu bénéficier des réserves qu’avaient constituées leur holding les années précédentes. Alors que les exploitations individuelles ou sociétaires sans constitution de holding ont éprouvé plus de difficultés. Ces exploitations dépourvues de holding avaient investi pour atténuer l’impact fiscal et social des années à fort résultats bénéficiaires. Argent dont elles ne disposent plus les années de vaches maigres.

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Une cagnotte pour financer vos projets

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Une cagnotte pour financer vos projets

Publié le 12 octobre 2011 par Daniel Causse, expert-comptable, CERFRANCE Haute-Loire

Son effet de levier financier fait de la holding un outil intéressant pour développer votre entreprise, tout en protégeant votre patrimoine. Démonstration par un cas pratique.

C’est l’histoire d’Adrien Clément, un exploitant agricole qui a créé, il y a 10 ans, une société de commercialisation des produits de sa ferme (charcuterie, légumes secs, huile, etc.) sous la forme d’une SARL dénommée Belagri. Cette entreprise prospère depuis 10 ans, et a accumulé des réserves de 250 000 €. Son régime fiscal est l’impôt sur les sociétés. L’explosion de la demande, ainsi que les évolutions technologiques incessantes, amènent l’exploitant à envisager de créer un nouvel atelier de transformation, ainsi qu’un magasin de vente. L’investissement prévu est conséquent, 350 000 €. M. Clément désire utiliser les réserves disponibles dans sa société de commercialisation Belagri pour financer le projet. Il s’interroge sur la meilleure enveloppe juridique pour développer sa nouvelle activité, tout en protégeant l’entreprise et le patrimoine qu’il a déjà bâtis. Il veut aussi optimiser le financement de son projet, en minimisant l’impact des prélèvements fiscaux et sociaux. Il soulève ainsi deux problématiques essentielles.
• Est-il opportun de confondre les deux activités dans une seule société
? N’est-il pas préférable d’isoler le patrimoine immobilier dans une structure séparée, afin de mieux se protéger ? La réponse est évidemment la séparation.
• Comment sortir les 250 000 € de l’actuelle SARL sans subir un poids fiscal trop lourd ?

Scénario gagnant
Avec son conseiller, il étudie les trois solutions possibles.
1. Retirer la somme personnellement et l’investir dans l’immobilier de la nouvelle entreprise. Il supportera alors la fiscalité applicable aux
dividendes. Si bien que sur les 250 000 € sortis de la société de commercialisation, seuls 165 000 € seraient réinjectables dans l’investissement immobilier.
2. La SARL Belagri devient une holding et investit dans le financement
de la société immobilière avec, du coup, une perte d’autonomie de la
fille en cas de difficulté rencontrée par la mère.
3. Créer une société holding qui détient les parts dans la société de
commercialisation en utilisant le régime “mère/fille” ; il fait “remonter” les
disponibilités de la SARL Belagri sous forme de dividendes, largement exonérés de charges fiscales et la holding réinvestit cette somme dans la société immobilière.
Cette troisième solution se détache évidemment des deux autres. Non
seulement elle assure l’autonomie parfaite des deux entités, mais en plus, elle est beaucoup plus avantageuse fiscalement ; sur les 250 000 € sortis de la SARL, pratiquement 248 000 € seraient disponibles pour l’investissement immobilier. Une économie de 80 000 €, qui augmente d’autant l’efficacité du financement du projet.
C’est l’effet levier de la holding.
Nous comprenons bien l’intérêt de réfléchir à cette organisation patrimoniale, bien en amont des développements d’activités autonomes

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Financement de l’agriculture : Un projet capital

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Financement de l’agriculture : Un projet capital

Publié le 10 octobre 2011 par Jacques Mathé, économiste, CERFRANCE Poitou-Charentes

Toutes les activités économiques concernées par la production de matières premières sont gourmandes en capitaux. L’activité agricole n’échappe pas à la règle. Le schéma traditionnel d’investissement familial se fissure, ouvrant une brèche à d’autres modes de financement.

Bien des exploitations d’aujourd’hui sont le fruit de l’accumulation des moyens de production des générations antérieures. Ce contexte capitalistique atteint dans certains cas ses limites : difficultés de transmission, dégradation des performances économiques et, au bout du compte, défaut de rentabilité des capitaux investis. De fait, le nombre d’investisseurs agriculteurs diminue au fur à mesure des départs en retraite. Le non remplacement de la totalité des actifs agricoles fait monter mécaniquement les capitaux mobilisés par chacun des agriculteurs en place. On estime que pour intégrer ce métier, un jeune agriculteur doit apporter au minimum 300 000 € et, bien souvent, plus de 500 000 € si on valorise une partie du foncier.
Comment réunir de telles sommes à 25 ans ? Comment également assurer l’unité des exploitations en ne supportant qu’une partie du poids et du risque capitalistique ?

Un capital et des risques partagés
Les capitaux représentent la totalité des actifs nécessaires à la mise en oeuvre du système de production. Historiquement, chaque agriculteur
possédait l’ensemble de ces moyens. Pourtant, certaines tâches gourmandes en main-d’oeuvre ou en mécanisation ont été partagées. Le mouvement des Cuma illustre cette démarche du partage des outils mécaniques. Pour le coeur du système productif, c’est plus compliqué. Partager un troupeau, des cultures, c’est partager un projet. Les sociétés civiles laitières, les assolements en commun mis en oeuvre depuis une dizaine d’années répondent en partie à un partage du capital et du travail.

Vers une exploitation plus flexible
Les agroéconomistes du réseau CERFRANCE ont imaginé un modèle
d’exploitation plus flexible. Une exploitation à la carte où s’entrecroisent
différents projets (patrimoniaux, techniques, entrepreneuriaux) et
dans laquelle des apporteurs en capitaux ne seraient pas obligatoirement associés au travail. Les apporteurs en main-d’oeuvre pourraient, de leur côté, être déchargés de l’apport capitalistique,
ou de la prise de risque financière. Le projet patrimonial, mobilisant
le foncier ou certains gros actifs, permettrait d’intégrer des apporteurs
hors du cadre de l’exploitation, voire hors du cadre des capitaux familiaux.
Le projet technique, celui qui assure la conduite des ateliers et des productions, permet de partager le travail dans une logique de délégation des tâches (et non de salariat.).
L’éclatement de l’entreprise agricole en plusieurs unités capitalistiques
est aussi une méthode de partage de l’outil et du travail.
Si le secteur agricole veut continuer à se développer, il n’échappera pas
à des modes de financement et de structuration qui feront intervenir
des acteurs hors secteur. La viticulture a été et est, dans certaines régions et vignobles, confrontée à cette problématique. Tous les schémas peuvent être imaginés… jusqu’à l’intégration, bien connue dans les productions hors-sol.
Encore une fois, ce n’est pas l’outil, ni le montage juridique ou financier qui garantissent le succès, mais la façon dont chacun des acteurs va s’impliquer dans ces entreprises agricoles à risques et capitaux partagés.

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Holding : une gestion minutieuse

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Holding : une gestion minutieuse

Publié le 05 octobre 2011 par Jacques Labit, juriste, CERFRANCE Saône et Loire

La constitution de holdings reste encore l’exception en agriculture par rapport aux autres secteurs professionnels. Pourtant, dans une activité qui mobilise des capitaux importants, la holding permet de réunir des
investisseurs, et ainsi de collecter des liquidités, sans participation directe des apporteurs de capitaux aux décisions de l’exploitant.

En période de fort revenu, créer ce type de société peut être un bon levier d’investissement. La holding permet en effet de constituer des réserves qui pourront s’avérer très utiles pour démarrer de nouveaux projets. Aussi, dans les entreprises où chaque projet en appelle un nouveau, cette structure permet de créer des synergies entre des sociétés “fi lles” aux fi nalités variées. La holding peut toutefois prendre des rides si elle n’est pas toilettée. Mais, elle peut aussi retrouver une seconde jeunesse, changer de forme juridique en passant par exemple du statut de société à responsabilité limitée au statut de société civile immobilière pour s’adapter aux nouveaux objectifs du chef d’entreprise. Constituer une société holding, détentrice de parts de la société d’exploitation agricole, est une décision qui doit être mûrement réfl échie. Certes, la holding permet d’organiser son patrimoine. Mais son montage, complexe, nécessite une gestion rigoureuse. Plus que toute autre société, la holding peut avoir des incidences humaines, économiques, fi scales, sociales, patrimoniales ou juridiques dont il convient de mesurer l’impact exact lors du montage du projet.
Le Code rural n’incite guère les exploitants à constituer des holdings. Les jeunes agriculteurs peuvent, par exemple, être privés des aides s’ils s’installent dans une société détenue majoritairement par une autre société. De même, les exploitants locataires ne peuvent pas mettre à disposition les baux à une société détenue par une société holding qui possède la majorité du capital. Si, malgré ces limites, vous décidez de constituer ce type de société, pas question de laisser dormir les capitaux qui remonteront dans la holding ! Comme tout moyen de production, cet outil est encore plus pertinent lorsqu’il améliore la rentabilité.
En résumé, la holding n’est à mettre qu’entre des mains averties. Des mains qui auront la précision du geste pour opérer les bons arbitrages !

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Mécanisation : du high-tech au low cost

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Mécanisation : du high-tech au low cost

Publié le 03 octobre 2011 par Jacques Mathé, économiste, CERFRANCE Poitou-Charentes

Dans un contexte de crise et de maîtrise des coûts, la mécanisation “low-cost” peut représenter une vraie alternative pour des agriculteurs en quête de simplicité, de fi abilité et de rentabilité.
Mais encore faudrait-il que les constructeurs européens entendent leur demande !

L’agriculture des 50 dernières années s’est caractérisée par le poids financier de la mécanisation. L’intensification de la production d’abord, la diminution de la main d’oeuvre dans les fermes ensuite, puis la forte augmentation des tailles d’exploitation, ont nourri le dynamisme de l’industrie de la construction de machines agricoles, principalement en Europe. De nombreux observateurs estiment que les soutiens publics à
l’agriculture, notamment les aides directes, ont beaucoup bénéficié à cette industrie plutôt qu’à consolider la situation financière des agriculteurs. Un jeu de vases communicants en quelque sorte.

Un décalage total
Les constructeurs ont visé une stratégie unique, d’ailleurs souvent plébiscitée par les agriculteurs, avec du matériel toujours plus grand, toujours plus sophistiqué, toujours plus technologique. Les salons agricoles en témoignent, à l’image du dernier SIMA qui a surpris les visiteurs par le gigantisme et la sophistication des matériels exposés. Pour les acteurs extérieurs au milieu agricole, le décalage est total.
Comment un secteur dit en crise peut-il afficher une telle offre d’équipements hightech ?
Il est aussi légitime de se demander si cette offre n’est pas en décalage avec les conditions économiques des
exploitations, tout comme avec l’évolution de leur conduite. L’apparition, depuis une dizaine d’années, d’alternatives comme les techniques culturales simplifiées, modifie la demande et les besoins des producteurs.
L’évolution vers une maîtrise accrue des coûts de production, voire vers des logiques d’exploitation à faible
niveau de dépenses, doit nous engager à repenser toute la politique de mécanisation.
Pourtant, force est de constater que les constructeurs ont peu anticipé ces nouveaux comportements des agriculteurs, s’éloignant même souvent de la réalité du fonctionnement des exploitations.

Changer de logique
À quand le tracteur “low cost” à l’instar de ce que Renault a initié dans l’automobile ? Les nouveaux producteurs en quête d’alternatives sont sensibles à la logique du moins cher, moins sophistiqué, plus simple, plus adaptable et plus fiable. Les entrepreneurs de travaux agricoles expriment la même demande. Cette logique se retrouve dans les grands pays agricoles concurrents de la France. Ainsi, les agriculteurs français en visite dans les fermes brésiliennes sont surpris par la simplicité des matériels et leur vétusté. Ces derniers sont utilisés au maximum de leurs possibilités pour ne les renouveler qu’en fin de vie. Cette stratégie vaut également pour le secteur industriel. N’oublions pas que les investissements en mécanisation ont des impacts
majeurs sur la performance financière des exploitations. La nouvelle politique agricole qui s’annonce en 2013 ne va pas dans le sens d’une augmentation inconsidérée des dépenses de machinisme. Pourtant, les offres commerciales alternatives (leasing, location longue durée…) sont relativement peu développées dans le secteur agricole, comparé à l’artisanat ou aux PMI. Comme pour les biens d’équipement des ménages, les
constructeurs européens vont devoir repositionner leur gamme et, surtout, l’élargir vers des produits ultra compétitifs. Dans le cas contraire, certains agriculteurs pourraient s’orienter vers d’autres marques. Les visiteurs du dernier SIMA ont découvert les offres relativement attractives de constructeurs asiatiques. Les équipements proposés doivent encore faire la preuve de leur fiabilité. Mais l’histoire nous a enseigné que les Coréens et les Chinois apprennent vite… Très vite.

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Projet d’envergure : se poser les questions existentielles

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Projet d’envergure : se poser les questions existentielles

Publié le 21 septembre 2011 par CERFRANCE

Il y a des projets qui engagent toute une carrière, voire la vie même de l’entreprise. Comment prendre les bonnes décisions ? Comment éviter de “se planter” ? Voici une méthode d’analyse en 3 dimensions.

1. Est-ce que j’y gagne ?
La première chose à faire est de vérifier que le projet réponde à la première attente qui est très souvent de “gagner plus” ou en tout cas de “ne pas gagner moins qu’avant !”
Cette analyse repose sur une étude pluriannuelle réalisée en deux temps :
• Une projection économique et financière de l’exploitation avec les moyens en place : “comment sera mon exploitation dans 5 ans si je ne fais rien ?” Ce premier scénario permet d’identifier
les enjeux.
• Une projection qui tient compte de toutes les évolutions prévues : “comment sera mon exploitation dans 5 ans si je mets en oeuvre mon projet ?”
Pour être valable, cette étude nécessite un certain nombre de bornages valables dans les deux hypothèses et validés par les exploitants : volumes, prix, résultats techniques, rémunérations du travail et des capitaux, investissements déjà programmés… Il s’agit donc d’une
approche interactive, où le conseiller et les exploitants visualisent l’exploitation sous 3 dimensions : présent, futur et stratégique. Ensemble, ils vont ainsi évaluer la faisabilité économique du projet. Un certain nombre de points de repères sont incontournables : le niveau de prélèvements privés par exploitant, le niveau global de l’EBE par
rapport aux besoins de financement, les annuités par unité de production, la marge de sécurité de trésorerie, le taux d’endettement et surtout un point d’équilibre satisfaisant par rapport à la conjoncture.

2. Voir large et loin
Il ne faut pas s’arrêter aux chiffres.
Etudier un projet, c’est aussi voir s’il rentre dans le cadre de la réglementation, c’est imaginer l’impact sur le travail, sur les équilibres entre associés.
• Est-ce que mon projet est compatible avec la réglementation ?
Le deuxième angle incontournable concerne la compatibilité du projet
avec la réglementation : engagements du JA à travers son PDE, obtention des autorisations d’exploiter, respect des, contraintes environnementales (mise à jour du dossier ICPE et respect des délais
en cas de regroupement, nouveaux besoins de stockage de déjections en fonction du système envisagé…), respects des contraintes spécifiques à la production développée ou au lieu géographique.
• Faudra-t-il travailler plus ?
L’angle travail ne doit pas être négligé. Un projet qui entraine davantage de travail (agrandissement) pour une rémunération identique doit amener à réfléchir. Il en va de même pour les projets qui, à terme, seront mal dimensionnés pour la main-d’oeuvre restante.
Cette situation se retrouve fréquemment lors de la dissolution de certains Gaec ,“trop grand pour un, trop petit pour deux”
• Les capitaux propres risquent-ils de se dégrader ?
Il faut aussi vérifier l’évolution des capitaux propres sur les prochaines années, d’autant plus s’il y a plusieurs associés.
En effet, un afflux d’amortissements et de frais financiers peut entrainer la dégradation des capitaux propres sur toute la durée des emprunts et être source de confl its entre associés.
• Quel degré d’autonomie pour l’exploitation ?
Cette analyse approfondie sera aussi l’occasion de mesurer l’autonomie de l’entreprise : quel est son degré de dépendance vis-à-vis des propriétaires fonciers, des banquiers ou des aides européennes ? L’arrêt sur image est l’occasion de redéfinir certains axes en lien ou non avec le projet : constitution d’une épargne de sérénité, création d’un GFA pour mutualiser les acquisitions de foncier, remboursements anticipés d’une partie de comptes associés…

3. Ne pas perdre de vue ses objectifs personnels
Avant tout investissement, il faut définir ses objectifs de rémunération à moyen et long terme en évitant de les minimiser pour favoriser l’investissement. En effet, plus la rémunération retenue est faible, plus la capacité de financement est importante.
Le montant retenu doit tenir compte de l’avenir ; ainsi, les besoins d’un jeune agriculteur célibataire au moment de son installation peuvent être faibles, mais ils vont augmenter… Dans tous les cas, la rémunération doit être à la hauteur du travail fourni, même si cette notion est subjective. Certains ne visent qu’un peu plus du Smic, d’autres visent
le revenu salarial moyen (autour de 1,5 Smic), d’autres souhaitent davantage.
En phase de projet, il faut mettre le curseur assez haut, même si les besoins immédiats sont plus faibles. Ce qui, éventuellement, n’est pas prélevé servira à améliorer les fonds propres.

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