Pour être réglé rubis sur l’ongle, employez la bonne recette, faite de discernement, transparence, rigueur et fermeté. Simple et efficace, cette méthode va redynamiser votre trésorerie en limitant le risque d’impayés.
Saviez-vous qu’une entreprise sur 5 meurt chaque année en raison du retard ou du défaut de paiement de ses clients ? Aucun client ne peut vous tenir rigueur de vouloir être réglé pour la prestation ou la marchandise que vous lui avez fournie. Alors, avant de vous engager dans de coûteuses procédures, mettez en œuvre des solutions simples pour redynamiser votre trésorerie.
Une clientèle choisie
Pour éviter les mauvais payeurs, mieux vaut, dans la mesure du possible, «choisir» vos clients en vous informant sur leur solidité financière. Il existe de nombreuses sources de renseignements sur ce sujet : registre du commerce et des sociétés, greffe du tribunal de commerce, banques, agences de renseignements commerciaux… Dans la conjoncture économique actuelle, particulièrement mouvante, il est indispensable de mettre régulièrement à jour ces informations, et de ne pas vous fier uniquement à votre fichier clients. Évitez également de déployer trop d’énergie commerciale auprès de prospects qui n’auront pas ensuite les moyens de faire face à leurs engagements.
Un contrat clair
Après vous être assuré de la solvabilité de vos clients, il est tout aussi primordial de bien rédiger vos documents commerciaux afin d’éviter les contentieux. Faites signer un bon de commande, ou un devis avec vos conditions générales de vente. Vous y mentionnerez les modalités et le délai de paiements. En cas de procédure de recouvrement, ce document vous servira de preuve de la commande passée. Faites également signer un bon de livraison qui atteste de la date de mise à disposition. Enfin, pour vous prémunir des impayés, demandez des acomptes qui constituent un à-valoir sur le paiement final. Identifiez précisément le destinataire, l’adresse et les renseignements à porter sur votre facture.
Beaucoup de non règlements à l’échéance proviennent d’erreurs survenues en amont : mauvaise adresse, envoi tardif de la facture, litige… Pour détecter ces risques avant l’échéance, appelez vos clients, afin de vérifier que tout est en règle et que le paiement interviendra bien à la date prévue. Ce contrôle préventif vous permet en outre de réagir très vite en cas de problème.
Une relance immédiate
Le jour J : pas de règlement au courrier ! Que votre client soit fidèle ou non, important ou pas, n’attendez pas : relancez-le sur le champ. Le meilleur moyen d’éduquer vos clients, c’est de ne tolérer aucune dérive par rapport au délai négocié. Passez-lui un petit coup de fil. Le téléphone est l’un des meilleurs outils de la relation client. Objectif de votre appel : marquer le coup, faire constater le retard, montrer votre rigueur, comprendre ce qui se passe. Votre première relance téléphonique doit être courtoise dans la forme. Sur le fond, elle doit vous permettre d’identifier la raison du non-paiement. Il en existe trois :
- la bonne foi. Votre client a complètement oublié de vous régler et va le faire immédiatement. Nul n’est à l’abri d’un oubli, donc restez poli.
- la mauvaise foi. Votre client «joue la montre» pour ne pas avouer qu’il a des problèmes de trésorerie. Il vous donne de faux prétextes : « je n’ai pas eu le temps…», «j’attends un chéquier… » Si sa mauvaise foi est évidente, alors au bout d’une semaine, votre boîte aux lettres restera désespérément vide. Il sera alors temps de passer à la deuxième phase de relance : l’envoi d’un courrier de rappel.
- l’insatisfaction. Si elle est légitime, vous devez réparer votre faute. Dans le cas contraire, vous devrez passez à une phase plus énergique avant d’en arriver à la procédure contentieuse.
Une solution négociée
Lorsque le débiteur est disposé à payer, mais n’est pas en mesure de le faire du fait de sa situation financière, mieux vaut alors négocier avec lui un échéancier de paiement. Cette solution, si elle est mise en place de façon réaliste, permet, dans la plupart des cas, de récupérer au moins une partie de la créance avant que la situation ne s’aggrave. Veillez à faire apparaître sur l’échéancier une clause rendant exigible immédiatement l’intégralité du solde de la créance en cas de non paiement d’une des mensualités. Cette clause essentielle incite le débiteur à respecter l’échéancier. Elle vous permet aussi d’avoir les mains libres si la situation se complique (par exemple en cas de cessation de paiement).
La manière forte
Si les méthodes douces (relance téléphonique et courriers) restent inefficaces, il falloir passer à la manière forte. Facturez des pénalités de retard. Exercez des moyens de pression habituellement très efficaces comme menacer de cesser toute livraison de marchandise, ou d’arrêter le chantier s’il ne règle pas sur le champ ce qu’il vous doit. Couplez cette approche avec des lettres de relances et de mise en demeure adressées en recommandé. Si rien n’y fait, il ne vous reste plus qu’à engager une action en contentieux pour «venir à bout» des plus récalcitrants !
Notre conseil
Faites-le point sur les factures impayées une fois par semaine, toujours le même jour, pour relancer systématiquement les mauvais payeurs.Établir des documents contractuels clairs et précis, spécifiant vos conditions générales de vente, est indispensable pour prévenir le risque d’impayés.


