Vous projetez d’embaucher un salarié cette année, mais vous souhaitez au préalable évaluer ses compétences. Valorisez la période d’essai, elle est faite pour ça !
Trois mois : voilà la durée de la période d’essai d’un ouvrier agricole (1), mais sous conditions.
La période d’essai permet au salarié et à l’employeur d’apprécier leur nouvelle relation de travail. Pendant cette phase, chacun demeure libre de rompre le contrat de travail.
Le contrat d’abord
La période d’essai ne se présume pas. Si elle n’est pas prévue par un contrat signé, vous ne pourrez pas vous en prévaloir. Sa durée initiale est fixée par les conventions collectives en fonction de la classification du salarié, de son statut, de son coefficient (voir tableaux.)
Elle peut être renouvelée une fois dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, mais à deux conditions seulement : quand la convention collective le permet et que le contrat de travail le stipule expressément. En pratique, vous devrez obtenir l’accord exprès de votre salarié. Cet accord doit être clair et non équivoque. La seule signature du salarié sur un document établi par l’employeur ne suffit pas. Afin d’éviter tout litige, il est recommandé de demander un courrier au salarié dans lequel il indiquera clairement sa volonté de renouveler sa période d’essai.
Anticiper la rupture
La période d’essai peut être rompue, sans motif, par chacune des parties. Le code du travail prévoit un délai de prévenance. Ce «préavis» est déterminé en fonction du temps de présence du salarié. En cas de rupture à votre initiative, vous devez prévenir votre salarié dans un délai de :
- 24 heures en deçà de 8 jours de présence ;
- 48 heures entre 8 jours et 1 mois de présence ;
- 2 semaines après 1 mois et 3 mois de présence ;
- 1 mois après 3 mois de présence.
En cas de rupture par le salarié, vous devez être prévenu dans un délai de 24 heures en deçà de 8 jours de présence, ou 48 heures à partir de 8 jours de présence.
Ces durées peuvent être aménagées par les conventions collectives. En tout état de cause, la période d’essai, renouvellement inclus, ne peut pas être prolongée du fait de la durée du délai de prévenance. Le cas échéant, l’employeur et le salarié s’exposent au paiement d’une indemnité compensatrice de préavis. La rupture d’une période d’essai doit être formalisée par écrit. Elle peut être remise en mains propres contre décharge, ou envoyée en recommandée avec accusé de réception.
(1) Exemple d’un salarié (coefficient 21) d’une entreprise relevant de la convention collective Polyculture dans un élevage des Côtes d’Armor.
Notre conseil
La période d’essai du Contrat à Durée Indéterminée a été allongée. Profitez-en pour limiter le recours aux Contrats à Durée Déterminée et bénéficiez des mêmes avantages (tester le salarié) avec une plus grande flexibilité (liberté de rupture).


