En quelques années, les «services à la personne» se sont fortement développés. La preuve : ces quatre mots vous donneront accès sur internet à près de 70 millions de références ! Les entreprises doivent-elles y voir une concurrence déloyale ou une opportunité ?
Ce n’est pas un hasard si quelques grandes entreprises ont décidé d’investir le marché des services à la personne. Le sujet reste pourtant sensible pour bon nombre de dirigeants de TPE et PME qui vivent les services à la personne comme un problème. Beaucoup s’interrogent : «comment rester concurrentiel face à des entreprises qui bénéficient d’une TVA à 5,5 %, et qui peuvent annoncer à leur client une prestation à moitié prix grâce au crédit d’impôt dont ils bénéficient ?» En période de crise, l’argument peut faire mouche.
Cette concurrence par le prix est d’autant plus forte aujourd’hui que les intervenants sur ce marché ont changé. Cette évolution se perçoit notamment en matière de travaux d’entretien d’espaces verts.
Franchir le pas
Comme le note un paysagiste : «au début, ces services étaient plutôt le fait d’associations d’insertion. Les intervenants n’étaient pas des professionnels. La qualité du travail laissait parfois à désirer, ou le temps passé était tellement important que la facture finale n’était pas moins élevée. Aujourd’hui, la situation est totalement différente, les services à la personne se sont professionnalisés.» Ainsi, à qualité égale, les entreprises de services à la personne ont un argument prix difficile à contrecarrer.
Alors que faire ? Ce paysagiste a tranché : «je réalise les trois quart de mon chiffre d’affaires sur des prestations d’entretien d’espaces verts pour des particuliers. Donc, pour conserver mes clients, je suis passé aux services à la personne.»
Plutôt que de considérer que les services à la personne créent une concurrence déloyale, il a saisi cette opportunité afin de conserver une clientèle de particuliers.
Au-delà de cet exemple concret, le panel des services à la personne est large. Prendre position sur ce créneau peut permettre non seulement de fidéliser une clientèle, mais aussi de s’inscrire dans une logique de conquête de nouveaux marchés.
Activité principale ou de complément
Le choix de la démarche à mettre en œuvre dépendra de l’ampleur de l’activité envisagée. Deux formules s’offrent à vous.
La première consiste à demander l’agrément «services à la personne». L’obtenir permet de bénéficier directement des avantages fiscaux liés au régime. En revanche, elle implique de créer une entreprise dédiée à 100 % à cette activité avec ses propres salariés, moyens de production et les coûts qui vont avec. Emprunter cette voie implique que le développement de l’activité «services à la personne» soit un élément fort de la stratégie de l’entreprise.
À l’inverse, si vous envisagez les services à la personne comme un complément d’activité, il vous reste la «méthode douce», c’est-à-dire l’adhésion à une coopérative spécialisée. «Jusqu’à présent, j’étais pris entre deux feux. Mon entreprise de services informatiques effectue des prestations qui concernent aussi bien les particuliers que les professionnels. Or, pour aller sur le créneau des services à la personne et rester concurrentiel, je devais entrer dans un moule trop contraignant. J’ai adhéré à une coopérative de services à la personne qui me procure un double avantage. Je conserve une entreprise unique et j’ai une offre de services pour chaque clientèle» témoigne ce spécialiste informatique.
En contrepartie d’une prise de participation au capital de la coopérative (d’un montant minime) et d’une commission sur les prestations, vous pourrez bénéficier, comme cet informaticien, de l’agrément, et, en retour, proposer à vos clients une TVA à 5,5 % ainsi que le fameux crédit d’impôt. Ceci, sans rien changer à votre organisation !
À l’origine, les services à la personne étaient plutôt le fait d’associations d’insertion. Aujourd’hui, ils se sont professionnalisés.
Notre analyse
Pour certaines entreprises, les services à la personne peuvent être un véritable levier de développement. L’opportunité est d’autant plus grande que la palette des services à la personne est assez vaste : entretien d’espaces verts, petit bricolage, aide administrative… et que le respect des règles administratives qui régissent ces services sont assez simples à mettre en œuvre.



