Une initiative solidaire et coopérative

Niché dans le massif de la Gardiole (Hérault), le Domaine de Mirabeau, propriété de la commune de Fabrègues, est au cœur d’un jeune projet solidaire et coopératif. Pauline Chatin, rapidement rejointe par Jean-Charles Thibault, a convaincu la commune et ses élus, de leur laisser les vignes en fermage pour développer le projet Vigne de Cocagne. L’ambition de Pauline et Jean-Charles ? Créer un vin authentique, solidaire et coopératif, résultat d'une agriculture durable et créatrice d'emplois.

Activité :
Début du projet Vignes de Cocagne : été 2017
Culture de la vigne
Vinification                                    

Chiffres clés :

  • 7 hectares de vieilles vignes entourées de garrigue ;
  • des oliviers et des bois ;
  • un mas de la fin du 18ème siècle et sa cave de vinification.

Conversion en biologique depuis l’été 2017

1ère vendange : septembre 2018

  • 1er millésime : 2,5ha de merlot et 4,5ha en cinsault

2 encadrants et 2 salariés en insertion professionnelle

Particularités :
Deux personnes en insertion professionnelle ont déjà été accompagnées.
Dans les deux prochaines années, projet de replanter 5 hectares de vignes à partir de cépages locaux typiquement méditerranéens

 

FICHE SIGNALETIQUE – Vigne de Cocagne


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Expert -  - CERFRANCE

Un projet né d’une reconversion professionnelle et de rencontres décisives

« Tout est parti de l’idée d’un projet de vignes solidaires et coopératives », commence Pauline Chatin, porteuse du projet Vignes de Cocagne. « Après des études en Sciences Politiques, en école de Commerce et une première expérience professionnelle dans un cabinet de conseil dans lequel j’ai fait la connaissance du Réseau Cocagne, j’ai décidé de faire une reconversion professionnelle au travers d’un BTS Viti Oeno pour pouvoir lancer mon projet ».

Le Réseau Cocagne est une association qui regroupe les Jardins de Cocagne : des exploitations maraîchères biologiques à vocation d'insertion sociale distribuant des paniers de légumes hebdomadaires à destination de leurs adhérents. En adéquation avec leurs valeurs, Pauline a souhaité transposer cette démarche à la culture de la vigne.

« Le Réseau Cocagne travaille depuis plus de trente ans dans la réinsertion professionnelle par le maraîchage mais il n’avait encore jamais expérimenté l’insertion par la viticulture. D’un autre côté, je suis dans un département (Hérault) où le taux de chômage avoisine les 15% et où les exploitants agricoles ont des difficultés à trouver localement de la main d’œuvre compétente. Partageant les mêmes valeurs, je sentais qu’on pouvait quelque chose ensemble » révèle Pauline.

En parallèle, au printemps 2017, Pauline rencontre Jean-Charles Thibault un vigneron bio expérimenté. « Jean-Charles a travaillé en bio pendant plus de quinze ans sur sa propre exploitation. Il m’a rejoint dans l’aventure Vigne de Cocagne dès le démarrage ».


Une volonté de créer un pont entre un secteur agricole qui peine à recruter et des personnes en difficultés professionnelles

La volonté de Vigne de Cocagne ?

S’engager dans une démarche bio et artisanale pour protéger la vie des sols et la biodiversité et accompagner des personnes éloignées de l’emploi vers une insertion professionnelle dans la viticulture en leur transmettant leur savoir-faire et leur passion du métier.

« Lorsque nous avons présenté notre projet au Réseau Cocagne, ils ont tout de suite été emballés », confie Pauline. L’aventure est donc lancée à la fin de l’année 2017 sur les sept hectares du domaine de Mirabeau, à une quinzaine de kilomètres de Montpellier avec la création de la Société Coopérative d’Intérêt Collectif « Vigne de Cocagne ».

« Aujourd’hui nous avons deux personnes en insertion professionnelle qui travaillent avec nous sur le domaine et nous avons démarré notre première vendange », se félicite la jeune femme.


Des compétences complémentaires pour assurer la réussite du projet

« Jean-Charles a une connaissance technique pointue. Il est sur le terrain, au contact direct avec les salariés en réinsertion pour leur apprendre les bons gestes : dans les vignes, avec les travaux manuels dans le Domaine, la conduite de tracteurs... Nous faisons toutes les vendanges à la main et nous renforçons notre équipe en ce moment avec sept vendangeurs. De mon côté, je suis plutôt à la gestion et à la commercialisation. Nous sommes très complémentaires et c’est ce qui me paraît très important dans la réussite de notre projet », explique Pauline.

« Nous sommes également soutenus dans notre démarche par la commune de Fabrègues, propriétaire du Domaine de Mirabeau, par le Conservatoire d'espaces naturels Languedoc-Roussillon qui nous accompagne dans la renaissance du domaine et la mise en œuvre de nos projets d'agroécologie, par les collectivités locales et institutionnels, les incubateurs et structures d'accompagnement ainsi que de nombreuses fondations, notre cabinet de Conseil & d’Expertise Comptable Cerfrance et autres partenaires. »


Une campagne de prévente pour booster le projet...

Pauline et Jean-Charles ont lancé en juin une campagne de prévente sur la plateforme de crowdfunding Blue Bees dédiée à l'agriculture, à l'agroécologie et à l'alimentation responsable. (https://bluebees.fr/fr/project/454-vigne-cocagne)

« Comme tous métiers agricoles nous avons des besoins en trésorerie très importants », explique Pauline. « C’est également un moyen de faire parler du projet et d’avoir un coup de pouce en pré-vendant une partie du millésime 2018 qui sera prêt en mars 2019. La pré-vente est ouverte jusqu’à fin septembre, à la fin des vendanges. Nous avons d’ores et déjà atteint notre 1er palier de douze mille euros en juillet (soit l’équivalent de mille cinq cents bouteilles vendues). Nous pourrons financer le parcours d’insertion pour nos deux salariés. Nous espérons atteindre notre deuxième palier de vingt-quatre mille euros d’ici fin septembre (soit l’équivalent de trois milles bouteilles vendues) pour financer une partie de la mise en bouteille de notre première cuvée. »

Pauline connaissait bien le système de financement participatif et les porteurs de projet n’ont pas souhaités le faire sous forme de don mais plutôt de préventes : « Nous ne sommes pas une association mais une entreprise. Nous voulons vivre de la vente de notre vin même si nous avons en parallèle quelques aides pour couvrir l’accompagnement socio-professionnel» explique Pauline.


… mais le temps fort reste à venir

« Nous avons commencé les vendanges de nos deux hectares et demi de merlot et nous prévoyons de faire les quatre hectares et demi de cinsault à partir de la semaine prochaine. Nous y sommes, notre premier millésime est en route et sera disponible en mars 2019! »

En parallèle, Pauline et Jean-Charles projettent de replanter cinq hectares sur les deux prochaines années et remettre la cave du domaine en état, car pour cette vinification ils sont accueillis chez un de leur voisin. « Nous espérons pouvoir faire la prochaine vinification au domaine », souhaite Pauline. « Nous continuons également à travailler en parallèle notre projet avec nos conseillers Cerfrance pour pérenniser notre projet ». Rendez-vous en mars 2019, pour le résultat du premier millésime des Vignes de Cocagne.


 - CERFRANCE