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Devenir chef d’entreprise : la reconversion réussie de Christophe Godel

Après une carrière dans l’industrie, Christophe Godel a repris une exploitation en Ariège pour produire des fromages haut de gamme. Il raconte les raisons de ce virage, les choix stratégiques qui l’ont guidé et comment son expérience industrielle nourrit aujourd’hui son aventure artisanale.

"L’agriculture s’est alors imposée comme un défi stimulant."

Quel a été le déclic pour passer de l’industrie à l’agriculture ?

Dans l’entreprise industrielle internationale où je travaillais, j’avais atteint un plafond de verre. Les perspectives d’évolution s’étaient refermées, et les choix de la nouvelle direction ne correspondaient plus à mes valeurs. Cette situation m’a conduit à réfléchir au sens que je voulais donner à ma vie professionnelle. Quand on quitte son emploi pour devenir chef d’entreprise, on pense naturellement, par prudence, à rester dans un domaine maîtrisé.

J’ai donc envisagé la reprise d’une entreprise industrielle, avant de ressentir le besoin de me reconnecter à quelque chose de plus concret, de plus humain. L’agriculture s’est alors imposée comme un défi stimulant. Reprendre la Fromagerie Col Del Fach était un double engagement : se former au métier et saisir le bon moment pour se lancer. Pour moi, ce choix a été aussi décisif que le franchissement du Rubicon par César ! Une fois la décision prise, plus question de revenir en arrière. Il faut être prêt à assumer ce point de bascule. Je n’ai d’ailleurs pas échangé avec mes parents et mes enfants, qui étaient déjà adultes, sur mon projet. Il ne faut pas risquer de se faire décourager. En revanche, ma compagne m’a encouragé et soutenu avec bienveillance.

Sur quels critères vous êtes-vous appuyé pour choisir cette exploitation ?

Avant tout, il fallait que le projet ait du sens. J’ai défini trois objectifs : m’installer en zone rurale, m’investir dans une activité porteuse de valeurs et construire une rémunération viable. J’ai tout vendu pour me lancer, avec la volonté de reprendre une entreprise dotée d’une identité forte et d’un réel potentiel de développement. 

Je n’aurais jamais pu reproduire ce que les cédants avaient bâti : créer un cheptel, positionner la gamme fromagère sur un marché de niche, élaborer une stratégie commerciale exigeante. Les précédents propriétaires ont fondé la réputation de l’entreprise sur le fromage fabriqué à partir du lait de leurs chèvres, avant d’élargir à ceux de brebis et de vache. Ma valeur ajoutée résidait plutôt dans la capacité à structurer, moderniser et développer l’activité, tout en préservant son ADN. La reprise incluait la fromagerie, l’élevage et l’habitation, un ensemble complexe mais cohérent. Aujourd’hui, je suis fier de produire un fromage qui concilie exigence, diversité et savoir-faire artisanal, porté par une vision industrielle. 

En quoi votre expérience dans l’industrie vous aide-t-elle aujourd’hui ?

Mon parcours dans l’industrie m’a appris à être agile, à m’adapter rapidement et à poser des diagnostics clairs face aux imprévus. Un des apports les plus précieux reste ma connaissance de la gestion des ressources humaines. J’ai toujours veillé à l’impact de mes décisions sur les équipes. Dans une petite structure, la posture du dirigeant doit être lisible : les collaborateurs doivent anticiper ses réactions et comprendre sa vision. C’est ce que j’appelle « la couleur du dirigeant », celle qui façonne la culture de l’entreprise.

Je considère que mon rôle principal est de créer un environnement propice à un bon travail. Quand les équipes ont confiance, l’entreprise avance naturellement. Cela implique aussi d’accepter sa place : on ne peut pas être à la fois patron et copain.

Cette distance, parfois difficile à vivre, est nécessaire pour assumer pleinement ses responsabilités. Enfin, mon expérience industrielle m’a appris à penser en termes de stratégie et de projection. Aujourd’hui, je travaille sur des projets d’agrandissement, de modernisation et de sécurisation de la production. Cette capacité à voir plus loin, à structurer et à anticiper, constitue sans doute l’un des héritages les plus utiles de mon ancienne vie professionnelle.

 

Les conseils de Christophe Godel pour bien appréhender le métier de chef d’entreprise :

  1. Adopter une posture claire et humaine. Rester aligné avec ses valeurs pour inspirer confiance et donner une direction lisible à l’équipe, dans une relation où chacun connaît son périmètre.
  2. Savoir s’entourer et déléguer intelligemment. Le rôle du dirigeant n’est pas d’être expert en tout, mais de savoir s’entourer des bonnes personnes, d’écouter, et de décider. 
  3. Assumer la solitude du décideur. Garder son calme malgré la pression, analyser rapidement, et trancher sans attendre de validation extérieure.
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