Lettre de veille économique agricole 2026 - spéciale marchés
Bilan de l'année 2025
Les filières animales ont globalement connu une bonne année 2025. Pour autant, la décapitalisation bovine se poursuit et la multiplication des épizooties met toutes les filières sous pression. Les infections et les mesures d’abattage visant à endiguer la propagation aboutissent à des situations individuelles éprouvantes. Par ailleurs, la reprise de l’offre a amorcé un retournement du marché en porc et en lait ouvrant une phase d'incertitude pour 2026.
Les filières végétales enchaînent les années difficiles. La viticulture s’installe dans la crise : non seulement le secteur est malmené par l’évolution climatique et des aléas à répétition qui affectent les récoltes – en particulier dans le sud - mais il se heurte à de réelles difficultés de commercialisation, pour partie conjoncturelles (droits de douanes US et chinois) mais aussi structurelles (recul et modification de la consommation).
En grandes cultures, bien que les indicateurs techniques se soient redressés en 2025, l’équilibre économique reste tendu. La rentabilité est mise à mal par des coûts de production toujours élevés et des prix de marché sur un cycle bas. L’enjeu est d’évoluer vers des modèles agricoles plus robustes, davantage axés sur la sécurisation économique que sur la maximisation des volumes : sécuriser le revenu, anticiper les risques (sanitaires, réglementaires, commerciaux), et piloter la création de valeur, quels que soient les secteurs de production concernés. Il s’agit d’un côté de diversifier son système, mettre l’accent sur l’agronomie (assolement, variétés, itinéraires techniques), recourir à des modes de commercialisation et des mécanismes assurantiels qui sécurisent en partie le revenu ; de l’autre, de piloter finement les charges, de recalibrer ou repenser le système de production - notamment le niveau d’investissement et de charges de structure - pour l’adapter aux nouveaux contextes et potentiels de production et de vente.
Du côté des opérateurs des filières, au-delà des tensions conjoncturelles, l’année à venir devra permettre de consolider les trajectoires engagées et de redonner de la lisibilité économique aux exploitations, dans un environnement appelé à rester volatil.