La filière lin textile
Publié le 30.10.2025
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60% de la production mondiale de lin cultivée en France
La filière lin est un acteur mineur de l'industrie textile, mais en pleine croissance. Depuis quinze ans, l’intérêt des consommateurs pour sa légèreté, sa solidité et son faible impact environnemental, comparé aux fibres synthétiques et au coton, suscite l’appétit de la Chine. La production du lin est un processus mondialisé. Il est cultivé à plus de 60 % en France, mais 80 % des fibres sont filées en Asie et le tissu est commercialisé à l’international. Cette chaîne d'approvisionnement globale rend le marché très sensible aux évolutions des relations commerciales et du fret international. La pandémie de la Covid-19 a ainsi fortement perturbé les échanges, révélant la vulnérabilité de cette filière globalisée.
3 fois plus de surfaces semées en France depuis 2010
Pour répondre à l'engouement croissant pour le lin et profiter de marges attractives, les surfaces cultivées ont triplé en France depuis 2010. Cependant, cette expansion n'est pas sans risque. En cas de récoltes abondantes, comme celle de 2024, les prix peuvent chuter brutalement, réduisant l'intérêt pour les qualités inférieures de lin. Cette volatilité représente un défi majeur pour les producteurs.
De 4 à 7 t/ha une forte variabilité interannuelle du rendement en paille
Entre 2019 et 2024, le rendement moyen en paille de lin par hectare a varié de 4 à 7 tonnes. Bien que sobre en eau et en azote, sa culture est délicate et sensible aux aléas climatiques. Gel, stress hydrique ou excès d’eau dégrade la quantité et la longueur des fibres. C’est pourquoi 95 % des surfaces françaises de lin sont concentrées en Normandie et dans les Hauts-de-France, qui offrent un climat doux et des sols profonds régulièrement arrosés. Toutefois, le changement climatique altère les conditions de culture et les rendements baissent tendanciellement (-20 % en 15 ans).
De 4 € à 9 € le kg prix moyen de la fibre longue de lin en 2024
Le prix des fibres longues de lin a fortement fluctué, passant de 9 €/kg fi n 2023 à 4 €/kg fin 2024. Cette instabilité résulte de la variation des disponibilités : trop faibles après les sécheresses de 2020 à 2023 puis trop abondantes en 2024. Pour stabiliser le marché, il est crucial de valoriser l'ensemble de la plante lors de l’opération de teillage* : les fibres longues et l’étoupe pour le textile et la papeterie, les anas** pour les matériaux de construction et les litières, les poussières pour enrichir les terreaux. À court terme, une partie des récoltes abondantes devrait être stockée afin d’anticiper les années moins productives. Sur le long terme, l’ajustement des surfaces semées permet d’éviter l’engorgement du marché, une stratégie déjà adoptée en 2021 par une partie des producteurs à l’initiative de la filière lin.
* Le teillage est une opération mécanique qui permet de séparer les fibres textiles de la paille.
** Fragments de paille récupérés lors du teillage.
3 500 €/ha en moyenne depuis 2019
Les fortes fluctuations des rendements et des prix s’ajoutent à la nécessité d’investir dans du matériel spécifique : semoir, arracheuse, retourneuse, souleveuse et enrouleuse. Malgré cela, les marges restent attractives, avec une moyenne de 3 500 €/ha au cours des six dernières années. Selon Cerfrance Normandie Maine, elles sont environ trois fois supérieures à celles du blé ou du colza dans le bassin de production.