NIMA : comment démarrer avec les bonnes cartes en main ?
Un cédant qui accompagne
Un exploitant prêt à transmettre et à soutenir son successeur est un atout majeur pour une personne non issue du milieu agricole. Etant donné que le NIMA ne pourra pas compter sur le traditionnel « coup de main » familial, l’implication du cédant dans la phase d’installation est un vrai avantage. Le NIMA connaît peu l’exploitation : potentiel et hétérogénéité des sols, génétique et état sanitaire du troupeau, vétusté des bâtiments, relations locales… Il doit démarrer en ayant à l’esprit qu’il a beaucoup à apprendre, là où un repreneur qui a grandi près de cette ferme dispose déjà de repères solides.
Savoir doser sa présence
Pour autant, garder le cédant en tant que salarié n'est pas toujours une bonne idée, sauf pour une très courte durée. Après une carrière à construire et à mettre en oeuvre un projet d’entreprise, il est difficile d’accepter qu'un autre que soi modifie les pratiques ou les orientations de son « bébé ». D’autant que, soucieux de ne pas brusquer le cédant, les NIMA évitent souvent, avant l’installation, de parler avec lui des évolutions qu’ils prévoient.
Les accompagnants extérieurs en guise de jokers
Le cédant doit aussi accepter que le nouveau soit entouré de conseillers et puisse remettre en question la valeur qu’il accorde à son exploitation. D'autres repreneurs disposent de fonds importants, issus de leurs activités passées. Cette aisance financière peut fausser leur perception de la valeur réelle de l'entreprise. Cela les conduit à sous-estimer les investissements nécessaires à sa modernisation, ainsi que les risques propres au métier : aléas climatiques, crises sanitaires, volatilité des prix… Sur le plan juridique, quel que soit l’état des relations nouées entre les deux parties, il est impératif de faire intervenir un juriste pour sécuriser les actes.
Un atout de poids : l'expérience
S’installant souvent plus tard que les candidats « classiques », autour de 30 à 35 ans, les NIMA disposent d’un parcours riche, marqué par des expériences variées, dans ou hors du milieu agricole. C’est une force car elle les rend imaginatifs, moins contraints par le regard de leurs pairs. Mais attention aux excès de confiance : certains pensent pouvoir reprendre une ferme après seulement six mois de formation BPREA et peu de pratique. C’est une illusion ! Ils découvriront, à leurs dépens, que le métier d’agriculteur est complexe et ne laisse guère de place à l’improvisation.
Se faire la main
Des dispositifs de parrainage rémunérés permettent de mieux connaître l’exploitation que l’on envisage de reprendre. Il peut s’agir de stages de parrainage en lien avec France Travail pour les personnes bénéficiaires de l’ARE*, ou de contrats financés par les régions pour les autres. Ces formules offrent la possibilité d’être payé comme stagiaire sur la ferme à reprendre pendant 3 à 12 mois avant l’installation. Reste la question de la reprise en tant que telle. Les capitaux à mobiliser peuvent être très importants, surtout s’il y a achat de foncier. Sur ce point, des solutions de portage via différentes structures (dont la Safer) ont vu le jour.
De nouveaux dispositifs vont plus loin encore : ils assurent temporairement tout ou partie du financement de l’activité. Cela peut faciliter le démarrage de la production, les premiers investissements et la montée en compétence technico-économique avant l’installation officielle et le déblocage des prêts et subventions. Pour les personnes non issues du milieu agricole, plus encore que pour les candidats «classiques», la réussite repose sur une analyse sans concession des forces et des faiblesses du projet, de ses atouts, mais aussi de ses risques.
*Allocation d’aide au retour à l'emploi (ARE)