Pilotez habilement votre entreprise : le prévisionnel en 3 étapes clés
Publié le 28.10.2025
Temps de lecture : 4 minutes
L'analyse de votre situation actuelle
Avant toute projection, dressez un état des lieux précis de votre activité en analysant votre structure de coûts, vos revenus, vos marges, votre rentabilité et votre trésorerie. Posez-vous les bonnes questions :
- quels sont vos coûts fixes et variables ?
- Quelle est votre saisonnalité ?
- Qui sont vos clients types ?
- Quels produits ou services sont les plus rentables ?
Cette photographie vous permettra d’identifier les leviers à activer et les points de vigilance à surveiller. Par exemple, dans le cas d’un salon de coiffure, analysez la répartition du chiffre d’affaires :
- combien rapportent les coupes hommes, femmes, enfants ?
- Quel est le coût des charges fixes (loyer, salaires, produits) ?
- Avez-vous des pics d’activité en semaine ou le samedi ?
- Quels sont les créneaux horaires les plus rentables ?
Les bilans passés, les relevés de trésorerie et les historiques de vente sont aussi des mines d’information. Si votre entreprise est en création, appuyez-vous sur des études de marché locales et des échanges avec d’autres professionnels du secteur. Cette analyse met en évidence vos atouts et vos points faibles, et permet de fonder vos prévisions sur des bases réalistes.
La projection de votre activité à moyen terme
Une fois l’analyse de la situation actuelle réalisée, projetez vos chiffres sur une période de 12 à 36 mois. L’objectif est d’établir un compte de résultat prévisionnel (ventes, charges, résultat) et un plan de trésorerie (entrées/sorties mensuelles). Pour cela, partez d’hypothèses cohérentes portant sur l’évolution du chiffre d’affaires, les taux de marge, les embauches, les investissements et les charges supplémentaires. Cela vous permettra d’anticiper votre rentabilité future et d’identifier d’éventuels besoins de financement.
Soyez prudent mais ambitieux. Prévoyez un scénario principal réaliste, un optimiste et un prudent. Appuyez vos hypothèses sur des données concrètes telles que vos historiques internes, les tendances sectorielles, l’environnement économique et les retours de partenaires ou fournisseurs. Par exemple, un restaurateur envisageant d’ouvrir une deuxième salle peut estimer à 30 % l’augmentation de son chiffre d’affaires. Il devra également prévoir l’embauche d’un serveur supplémentaire à hauteur de 1 800 € par mois, l’achat de mobilier (2 000 €) et une hausse de 20 % de consommation de matières premières.
Tous ces éléments doivent figurer dans le prévisionnel. Gardez en tête que le prévisionnel est un outil de dialogue avec votre banquier, votre conseiller économique, vos associés et vos partenaires. Il doit être clair, cohérent et crédible.
Le suivi de vos objectifs
Le prévisionnel établi, l’enjeu est de le suivre régulièrement pour ajuster votre stratégie. En comparant vos réalisations aux prévisions, vous pouvez détecter les écarts, en comprendre les causes et adapter vos actions. Mettez en place un tableau de bord mensuel avec quelques indicateurs clés comme le chiffre d’affaires, la trésorerie, les charges fixes et la marge.
Par exemple, dans le cas du salon de coiffure, si vous aviez prévu 15 000 € de chiffre d’affaires mensuel, mais ne réalisez que 12 000 €, il convient d’analyser les raisons de ce décalage : y a-t-il eu moins de rendez-vous, un ticket moyen en baisse ou l’absence d’un collaborateur ? Sur la base de ces constats, vous pouvez envisager de proposer une nouvelle offre, lancer une campagne de promotion ou encore modifier vos horaires…
Le suivi régulier transforme le prévisionnel en une véritable boussole de gestion, un outil de pilotage pour prévoir plutôt que subir. Cette discipline vous permet de rester maître de votre trajectoire, d’anticiper les besoins de financement ou les pics d’activité, et d’adapter vos choix stratégiques. Elle favorise aussi l’instauration d’une culture de gestion réactive au sein de votre entreprise.