S’organiser pour gagner du temps

Quatre dirigeants d’entreprise sur dix se disent obnubilés par la course au temps. Mais comment trouver le juste équilibre entre vie privée et vie professionnelle ? La gestion du temps est un enjeu fondamental et il est essentiel de bien s’organiser pour réduire sa charge de travail.

Selon une enquête de l’INSEE menée en 2022, les artisans et commerçants travaillent 48 heures en moyenne par semaine et nombre d’entre eux poursuivent même leur activité le week-end. Une autre étude, conduite en 2017 par Soregor, Viavoice et Harmonie Mutuelle, montre que la performance économique d’une entreprise progresse en fonction du temps de travail du dirigeant… Mais jusqu’à une certaine limite. Au-delà de 60 heures hebdomadaires, les effets deviennent contre-productifs. Après cinq à sept ans d’activité, le stress, la fatigue et le surmenage altèrent parfois la clairvoyance du chef d’entreprise et assombrissent sa perception de l’avenir*.

Pourtant, certains s’épanouissent dans leur travail peu importe le nombre d’heures qu’ils y consacrent. Leur entreprise est leur « existence » et « travailler plus pour gagner plus » est bien souvent un vecteur puissant. Mais le trop n'est pas forcément l'ami du bien. Face à cette réalité, une suspension s’impose pour évaluer ses choix de vie, et de multiples solutions existent pour mieux gérer le temps.

*Barème 2025 de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance : 82 % des dirigeants de TPE-PME déclarent souffrir
d’au moins un trouble psychique ou psychologique et un dirigeant sur trois se dit en mauvaise santé mentale.

Apprendre à se connaître et à gérer son temps de travail

La loi de Parkinson veut que « le travail s’accroît en fonction du temps qu’on lui accorde ». Certains dirigeants trouvent un exutoire dans leur métier et y consacrent tout leur temps. D’autres, par peur de l’échec, s’y investissent corps et âme. Apprendre à se connaître et faire face à ses angoisses est donc une première étape essentielle. Cette connaissance de soi aide à trouver ou à redéfinir le sens de son action, à renforcer le sentiment de valeur et, par là, à préserver toute sa vitalité.
 

Des outils permettent l’analyse du temps de travail, sa pertinence et la réévaluation de son organisation personnelle. La matrice d’Eisenhower (outil d’optimisation du temps) peut aider à hiérarchiser les priorités. Une bonne gestion du temps repose sur la planification. Brian Tracy, auteur de Eat That Frog, estime qu’investir 10 à 12 minutes dans la préparation d’une journée permet de gagner de une à deux heures. 

Miser sur des logiciels de gestion, repenser ses modes de production ou adapter ses équipements peut aussi faire gagner un temps précieux. Bien gérer son temps, c’est réduire son stress, améliorer sa productivité et renforcer la performance de son entreprise.

Déléguer et former ses salariés

Déléguer, c’est gagner du temps pour se concentrer sur la stratégie de l’entreprise : amélioration du coeur de métier, fidélisation des clients, efficacité des méthodes, des outils de travail, du système de production et de commercialisation… Pour y parvenir, il faut former et développer les compétences des collaborateurs, miser sur leur polyvalence, notamment dans les petites entreprises où la continuité de l’entreprise en cas d’absence est essentielle. 

Si la crainte de déléguer par appréhension de l’erreur ou la difficulté à lâcher prise transparaît, il faut en comprendre la cause. Car déléguer ne se résume pas
uniquement au mieux-être, il est aussi un déterminant économique. Une délégation efficace augmente la productivité de plus de 22 % et réduit le turnover de 30 %*.

*Étude McKinsey, 2024.

Sous-traiter, partager les ressources et les savoirs

Externaliser certaines tâches comme la comptabilité, la gestion administrative ou encore la paie libère du temps pour les missions prioritaires du chef d’entreprise. La sous-traitance du surcroît d’activité ou le recours au portage salarial pour des besoins ponctuels constituent également des solutions intéressantes. Mettre en place des sociétés civiles professionnelles (SCP) pour les professions libérales, ou des groupements d’employeurs, facilite la mutualisation des moyens et l’organisation des remplacements, par exemple pour les gardes (vétérinaires, médecins…). C’est aussi une source d'économie de temps. Enfin, le partage des savoirs entre juniors et seniors, par leurs échanges d'expériences, crée une dynamique qui fait gagner du temps et de l’efficacité.

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