Transition écologique, c'est possible !

DEPUIS 10 ANS, LA SCOP ÉCHOPAILLE, BASÉE PRÈS DE VANNES, CONSTRUIT DES MAISONS INDIVIDUELLES, MAIS AUSSI DES BÂTIMENTS PUBLICS ET TERTIAIRES,
ISOLÉS EN PAILLE. UNE MATIÈRE PREMIÈRE RENOUVELABLE, BIOSOURCÉE, AUX REMARQUABLES QUALITÉS D’ISOLATION QUI EN FONT UN MATÉRIAU DE CONSTRUCTION D’AVENIR. PETIT À PETIT, LA PAILLE TISSE SA TOILE ET ÉCHOPAILLE MONTE SES MURS.


Dix ans après sa création, l’entreprise Échopaille compte quinze personnes dont douze associés et trois apprentis, un siège et un atelier de fabrication flambants neufs et la réalisation d’un grand nombre de bâtiments en paille, collectifs comme individuels. Comment en sont-ils arrivés là ? L’aventure commence en 2010 lorsque quatre amis, Gwénolé Rescan, Sébastien Chameroy, Loïc Bocon-Lacroix et Christian Bellanger, convaincus de l’intérêt de la construction en paille, décident de fonder une entreprise. De formations différentes, allant de la charpente à la structure aéronautique en passant par la sellerie et l’accompagnement en montagne, tous ont en commun d’avoir déjà réalisé des bâtiments en paille en tant que bénévoles pendant plus d’un an sur des chantiers participatifs mais aussi, comme salariés, chez des particuliers. À l’époque, aucun d’entre eux n’est prêt à se lancer dans l’entrepreneuriat en solitaire mais tous croient fermement à la formule Scop dans laquelle ils seront salariés et associés.


Un travail de pionniers

Avec un an de chantiers déjà assurés et les devis réalisés, le business plan est vite rédigé. Trouver un assureur sera moins aisé car, à l’époque, la filière n’est pas encore dotée de règles professionnelles. Ce sera chose faite en 2011 grâce au travail du Réseau Français de la Construction en Paille (RFCP). La technique intègre alors la catégorie des “techniques courantes” pour tous les types de bâtiments. À partir de cette homologation, finis les problèmes d’assurance, à la condition de suivre la formation “Pro-Paille” dont les salariés d’Échopaille bénéficient régulièrement. Échopaille, c’est une équipe pluridisciplinaire : des charpentiers, un menuisier, un dessinateur, un ingénieur et une conductrice de projets. Société coopérative de forme SARL, chez Échopaille les nouveaux salariés disposent d’un temps de réflexion d’un an avant de devenir associés. Le principe est toujours “une personne = une voix”, quel que soit son niveau de capital. Gwénolé et Sébastien assurent la cogérance. En 2018, à l’étroit dans ses locaux d’origine, l’entreprise a emménagé dans ses nouveaux murs… en paille bien entendu !


Des murs au toit en passant par les fenêtres

"Le cœur de l’activité d’Échopaille, c’est l’enveloppe de la maison” résume Sébastien. “L’entreprise réceptionne une dalle à partir de laquelle elle monte les murs isolés avec des bottes de paille, réalise la charpente et isole le toit avec de la ouate de cellulose. Elle pose également les ouvertures et, le cas échéant, le bardage bois extérieur”. Pour des raisons de disponibilités en main-d’œuvre, la Scop ne réalise plus les enduits à la chaux, l’autre solution pour la finition extérieure des bâtiments en paille. Côté intérieur, Échopaille s’arrête à l’étanchéité à l’air.
Les murs-caisson remplis de paille sont le plus souvent montés en atelier pour être ensuite levés sur place. Il faut compter un mois de travail en atelier, suivi d’un mois sur site pour le levage, le bardage et les menuiseries. Une maison en paille “clé en main” est livrée en six à huit mois. Échopaille s’adapte aussi aux demandes de ses clients auto-constructeurs en limitant son intervention à la construction du squelette en bois de la maison.


Matériau biosourcé conforme à la RE 2020

La “maison des trois petits cochons” a aujourd’hui fait ses preuves. Les études ont notamment montré qu’il n’y avait aucun risque augmenté en cas d’incendie. “Avec un pouvoir isolant plus de deux fois supérieur à celui des techniques classiques, la paille répond largement aux exigences de la réglementation thermique RT 2012, comme à celles de la réglementation environnementale RE 2020 qui entrera en vigueur en 2021”. Elle présente un atout supplémentaire vis-à-vis de cette dernière : il s’agit d’un matériau biosourcé. Car la loi s’intéresse désormais aussi à l’énergie grise des bâtiments, c’est-à-dire à l’énergie dépensée pour fabriquer les matériaux eux-mêmes. Les choses s’accélèrent. Des agglomérations commencent à imposer un certain pourcentage de matériaux biosourcés dans les cahiers des charges des projets immobiliers. La Scop est donc confiante pour l’avenir. 
Depuis sa création, outre les maisons particulières qui sont la base de son activité, Échopaille réalise, en moyenne, un chantier public ou tertiaire d’une plus grande ampleur par an : la crèche de Muël (35), la cantine de Quistinic (56), le siège et les bureaux techniques du site de production de la société Socomore (56), son propre siège… Cette année, la Scop revient à Quistinic pour construire l’école.


Un marché durable

Si la technique devait se généraliser, la ressource serait-elle suffisante ? Une étude a montré que 10 % de la paille de blé française annuelle suffirait pour isoler l’ensemble des bâtiments construits et rénovés en France. Échopaille s’approvisionne de préfé-rence localement. À défaut, elle se fournit en Vendée. Un travail est en cours pour monter un réseau local d’agriculteurs fournisseurs
En 2020, la “maison Feuillette”, plus ancienne construction en paille d’Europe, située à Montargis, fête ses 100 ans. Longtemps confidentielle en France, davantage diffusée en Autriche et en Allemagne, la technique est aujourd’hui reconnue en Europe. Le projet européen “Up Straw” vise à développer la construction en paille et à harmoniser les règles
Développer son entreprise sur un concept écologique, c’est possible et Échopaille le prouve !


- Matériaux biosourcés : bois, chanvre, paille, ouate de cellulose, textiles recyclés, balles de céréales, miscanthus, liège, lin, chaume… 
-  Matériau géosourcé : terre crue.

 


De la RT 2012 à la RE 2020

En 2021, la Réglementation Thermique 2012 cédera la place à la Réglementation Environnementale 2020. Il ne s’agit plus seulement de concevoir des Bâtiments à Basse Consommation d’énergie mais de calculer leur “bilan carbone” global, de leur construction à leur fin de vie. Cela doit notamment conduire à privilégier les matériaux à plus faible impact carbone dont les matériaux biosourcés. Ceux-ci présentent l’avantage de stocker du carbone pendant la phase de croissance de la plante et de le séquestrer pendant toute la durée de vie du bâtiment. À plus long terme, l’objectif est aussi de tendre vers des bâtiments à énergie positive (Bepos) par l’installation notamment de panneaux solaires.


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