S’installer sans héritage agricole : un vent nouveau sur les fermes
Qui sont ces nouveaux agriculteurs ?
Acronyme de Non Issu du Milieu Agricole, les NIMA sont aujourd'hui de plus en plus nombreux en France, et leurs profils sont divers. On y trouve de jeunes ruraux, plutôt proches du milieu agricole, qui choisissent l’agriculture dès leur plus jeune âge. D’autres ont des origines plus urbaines et, après des parcours professionnels divers, décident d’une reconversion. On y trouve aussi des cadres ou de jeunes diplômés d’école d’agronomie. Leur point commun : ils n’ont aucune terre familiale à reprendre. Les femmes y sont proportionnellement plus nombreuses. Elles portent souvent des projets orientés vers la diversification, l’agriculture biologique ou les activités de transformation.
Des parcours plus longs et plus exigeants
Contrairement aux enfants d’agriculteurs, les NIMA doivent bâtir leur projet sans capital foncier, sans bâtiment, sans matériel, parfois sans réseau professionnel. L’accès au foncier reste leur première barrière. Peuvent s’y ajouter le manque d’expérience et la difficulté d’accès aux financements. Pour compenser, ces nouveaux installés misent sur la formation (stages, BPREA…) et s’orientent plus fréquemment vers des modèles autonomes économes et vers des activités moins gourmandes en capitaux : maraîchage diversifié, élevage de petits ruminants, systèmes herbagers, agriculture biologique, circuits courts. Leur installation est souvent progressive ou sur de plus petites surfaces.
Quels enseignements pour la profession ?
Les NIMA apportent un regard extérieur qui réinterroge les pratiques et pousse à faire évoluer les systèmes : place de la biodiversité, vente directe, accueil à la ferme, stratégies collectives, rapport au travail… Leurs parcours ne sont finalement pas si différents de ceux des jeunes installés issus du milieu agricole. Leur projet est généralement mûri et ancré dans des valeurs fortes (autonomie, respect du vivant, engagement territorial…). Ils montrent que l’agriculture peut être un choix, et pas seulement une transmission.
Enfin, ils font preuve souvent d'une très forte détermination, d'une profonde envie d'apprendre. Ils s’impliquent beaucoup dans le montage de leur projet d’installation. Leur engagement souligne l’importance d’un accompagnement renforcé à tous les niveaux. En ouvrant la porte à ces nouveaux profils, le monde agricole ne perd rien de son identité. Au contraire, il se donne une chance supplémentaire de se renouveler et de s’adapter.
Vous souhaitez en savoir plus sur les NIMA ? Cliquez ici pour découvrir notre article dédié à leur installation.